Kim-Jong-Un

Reuters

Le 15/04/2013

Séoul (Reuters) - La Corée du Nord a promis mardi "de puissants coups de boutoir" à sa voisine du Sud faute d'excuses pour des manifestations hostiles qui ont eu lieu à Séoul.

Pyongyang avait semblé renoncer à ses déclarations guerrières, lundi, à l'occasion du 101e anniversaire de la naissance de Kim Il-sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), ce qui avait suscité l'espoir d'un apaisement des tensions après les offres de dialogue formulées par les Etats-Unis et la Corée du Sud.

Or, selon l'agence de presse officielle KCNA, l'armée a lancé un ultimatum à Séoul après les manifestations de lundi, au cours desquelles des portraits de dirigeants nord-coréens ont été brûlés

"Nos représailles débuteront sans préavis, à partir de maintenant", avertit l'état-major. "La démonstration militaire des forces armées révolutionnaires de RPDC infligera de puissants coups de boutoir à toutes les forces hostiles qui portent atteinte à la dignité de ses dirigeants suprêmes

La presse sud-coréenne a fait état de plusieurs rassemblements sans envergure à Séoul et des images où on voit des manifestants brûler un portrait de Kim Jong-un, l'actuel dirigeant nord-coréen, ont été diffusées à la télévision.

Des contre-manifestations pour le dialogue avec Pyongyang ont également été signalée

Si le ton envers Séoul reste guerrier, Washington a cette fois été ménagé. KCNA ne signale aucune nouvelle menace à l'encontre des Etats-Unis et évoque même un possible dialogue.

"Si les autorités fantoches veulent réellement le dialogue et des négociations, elles doivent présenter des excuses pour tous les actes hostiles à l'égard de la RPDC, grands et petits, et démontrer à leurs compatriotes que ces actes vont cesser", poursuit l'armée, toujours selon l'agence officielle.

Un porte-parole du ministère sud-coréen des Affaires étrangères a par la suite indiqué que cet ultimatum n'appelait pas de réponse. La Corée du Sud, a-t-il dit, attend du Nord qu'il prenne "une sage décision".

La Corée du Nord a menacé à plusieurs reprises les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon d'une offensive militaire depuis que le Conseil de sécurité de l'Onu lui a infligé de nouvelles sanctions en réponse à son essai nucléaire du 12 février, le troisième du genre.

Des rumeurs en annonçaient un quatrième, mais on évoque également un tir expérimental de mis

Même si les célébrations de lundi se sont déroulées sans incident, les Etats-Unis n'excluent pas de "nouvelles provocatio

"Je pense que chacun de nous s'attend à ce que, vous savez, la Corée du Nord effectuera probablement d'autres provocations, au cours des prochaines semaines", a dit Barack Obama dans une interview accordée lundi à NBC et diffusée mardi.

"Mais nous espérons être en mesure de la contenir et de passer à une nouvelle phase dans laquelle ils essaieront de régler par la voie diplomatique certains de ces problèmes", a poursuivi le président américain, ajoutant que les Etats-Unis devaient se tenir prêts "à toute éventualité".

Selon un responsable du Pentagone interrogé par Reuters, l'armée américaine n'exclut pas un tir de missile dans les jours qui viennent. Le Pentagone a toujours estimé qu'un essai pourrait venir avant ou après l'anniversaire, mais en tout état de cause "dans la zone de ce mois-ci".

Par ailleurs, l'armée américaine a annoncé qu'un hélicoptère de transport de troupes du corps des Marines s'était écrasé mardi lors de manoeuvres sur le sol sud-coréen, à proximité de la Zone démilitarisée (DMZ) qui marque la frontière avec la Corée du Nord. Sur les 21 personnes qui se trouvaient à son bord, six ont été hospitalisées dans un état stationnaire.

L'armée américaine, qui a ouvert une enquête, évoque un "atterrissage d'urgence". Des médias sud-coréens ajoutent que l'appareil a pris feu après évacuation de tous les passagers et membres d'équipage.