Faid Interpol

Eric Dillies

Par Eric Dillies, secrétaire fédéral du FN de Flandre Métropole lilloise, conseiller régional Front National – Rassemblement pour le Nord Pas-de-Calais le 16/04/2013

L’évasion spectaculaire de l’assassin présumé et multirécidiviste Redouane Faïd de la prison de Sequedin met en évidence les failles du système judiciaire et pénitentiaire de notre pays.

Lors des législatives de 2012, nous avions relayé les plaintes et les craintes des surveillants de la prison. Nathalie Acs avait notamment dénoncé le fait que les surveillants étaient incapables d'exercer leur métier correctement. Systématiquement, la justice administrative et judiciaire écoutait de préférence les prisonniers plutôt que les fonctionnaires au service de l’Etat et des Français. Leur quotidien pouvait se résumer ainsi : Insultes, Menaces, Agressions qui s’étendent bien au-delà de leur personne, puisqu’elles touchent même leur famille. A l’époque, les personnels du service pénitencier se plaignaient de ne plus pouvoir effectuer de fouille au corps après les séances au parloir, de voir leurs actions continuellement entravées par leur propre administration avec comme conséquence, le stress et la peur du côté des fonctionnaires et l’impunité et le chantage du côté des voyous. De ce climat délétère était né un véritable réseau mafieux à l'intérieur de la prison d'où les détenus font leur " business". Ils y font rentrer tout et à peu près n'importe quoi…

 

La preuve en a été administrée par le sieur Redoine Faïd en personne qui avait su introduire par le parloir probablement armes et explosifs !

 

On comprend pourquoi le contrôle strict de ce qui entre ou de ce qui sort d’une prison est capital pour les personnels d’un établissement pénitencier. Avoir supprimé la fouille systématique à la sortie des parloirs, comme l’a fait l’UMP dans sa loi pénitentiaire de novembre 2009 était tout simplement une folie. C’était de fait, remettre le contrôle de la prison aux truands.  Evidemment, c’est au nom de « la dignité humaine et des valeurs fondamentales » que la classe politique a supprimé ce « principe de précaution » qu’elle avait pourtant gravé dans le marbre de la Constitution. Malgré les grèves de novembre 2012, Mme Taubira en a réaffirmé solennellement le principe. En tant qu’avocate, qui peut s’en étonner ? Mais faut-il lui rappeler qu’elle est Ministre de la Justice et que par conséquent, sa priorité n’est pas la défense de ses « clients » mais le respect des Français.

 

Parfaitement conscients qu’ils perdaient le contrôle de l’établissement, les personnels ont réclamé une fouille complète de la prison. Demande refusée. Celle-ci aurait exigé beaucoup trop de personnels et d’argent. Il est curieux qu’en France, la classe politique n’ait jamais d’argent pour sa justice. A se demander si ce n’est pas par intérêt qu’elle laisse la justice dans une telle misère.

 

En effet, si l’on compare avec l’Allemagne, la France dépense deux fois moins pour sa justice que notre voisin. « Ce constat est prolongé si l'on prend en compte le nombre de magistrats par habitants : 10 pour 100.000 environ en France, le double en moyenne en Europe. Pour le même nombre d'habitants, la France a trois procureurs contre 8 à 10 chez nos voisins ». (1)

 

Le résultat est que la France consacre 7,4 milliards d’€ cette année pour sa justice, dont 3 pour sa politique pénitentiaire, soit à peine 0,4 % de son PIB alors que le coût de la délinquance et la criminalité est estimé à 150 milliards d’€, soit trois fois ce que rapporte l’impôt sur le revenu.

 

Ce mépris pour la justice ne date pas de l’ère Hollande, il est permanent dans la Vème République.

 

A cela, et comme conséquence, il faut ajouter la surpopulation carcérale endémique dans notre pays que l’UMPS  a tenté de cacher en ne mettant plus les délinquants en prison. Nos responsables politiques ont créé par là même le principe d’impunité qui a ravagé nos quartiers. L’idéologie anti-prison présente aussi bien à gauche qu’à droite s’est opposée systématiquement à toute augmentation du nombre d’établissements pénitenciers. Si l’on compare avec la population des Etats-Unis, la France devrait disposer de 500 000 places de prisons, elle n’en a à peine 50 000 pour une population de près de 70 000 prisonniers.

 

 

Oser parler de l’échec patent du « tout répressif » pour s’opposer à la construction de nouvelles prisons relève de la mystification. La justice française est beaucoup moins répressive aujourd’hui qu’il n’y a 40 ans. Sentiment que partage une immense majorité de Français, malgré les discours idéologiques repris en boucle dans les médias : «   L’exemple des vols montre à quel point cette appréciation est contraire à la réalité. En 1971, 9 000 détenus étaient en prison pour vol simple. Quarante ans plus tard, les vols simples ont été multipliés par trois. Si la Justice est aujourd’hui deux fois plus sévère, il devrait y avoir 54 000 détenus pour vol simple (9 000 × 3 × 2). En réalité, il y en a aujourd’hui 3 000. Sur ce point, la Justice française n’est pas deux fois plus sévère ; elle est neuf fois moins sévère qu’en 1971 ! »

La conséquence de cette pénurie organisée est la politique de remise de peine délirante qui s’applique à tous les étages et à tous les crimes. Prenons le cas de Redoine. Pour les actes qu’il avait commis, il aurait dû être condamné au début des années 2 000 à la perpétuité et serait sorti de prison vers 2025. Il est sorti libre en 2009 avec un livre sous le bras et il fut invité sur tous les plateaux de télévision. Un an plus tard, Aurélie  Fouquet, la policière municipale, rencontra sur son chemin la « star » de la télé, le nouveau  « Tony Montana » des « quartiers » et mourait sous les balles du gang de Redoine Faïd.

S’il était resté en prison, il n’aurait pas privé un petit garçon de 16 mois de sa maman pour toute la vie. De ce drame comme de tant d’autres, la classe politique en porte une énorme responsabilité.

1/ http://lexpansion.lexpress.fr/economie/le-budget-de-la-justice-francaise-est-l-un-des-plus-faibles-d-europe_248422.ht