Duisbourg (Allemagne) carte

Le Républicain Lorrain

Le 22/04/2013

Depuis l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l’Union européenne en 2007, l’Allemagne, en raison de son économie robuste, est devenue une destination privilégiée pour les nouveaux entrants. Le nombre d’immigrés des deux pays d’Europe centrale a triplé en cinq ans pour atteindre 330 000 fin 2012. Menacée de sévères pénuries de main-d’œuvre, en raison d’une natalité en berne, l’Allemagne s’affiche ouverte à l’immigration, tout en craignant un afflux de personnes pauvres et peu qualifiées. Bulgares et Roumains n’ont encore qu’un accès limité au marché du travail et droit à quasiment aucune prestation sociale. Cela pourrait changer au 1er janvier 2014, si la Bulgarie et la Roumanie rejoignaient comme prévu l’espace Schengen. Craignant un afflux encore plus massif, et ses conséquences sociales et financières, l’Allemagne a menacé de faire usage de son droit de veto.

Récemment, plusieurs villes parmi les plus déshéritées comme Mannheim, Dortmund ou Duisbourg, ont lancé un cri d’alarme. Ces communes gérées par la gauche réclament une aide de l’État fédéral pour faire face à cette « immigration de la pauvreté ». Sigmar Gabriel, président du parti social-démocrate, a même plaidé pour un « fonds » de secours aux villes concernées, accusant le gouvernement de « négligence » sur ce dossier.

Au coeur du bassin industriel en déclin de la Ruhr, Duisbourg comptait début janvier 6 176 Bulgares ou Roumains, contre 3 800 18 mois plus tôt. La ville de près de 500 000 habitants a perdu un quart de sa population depuis les années 1960. Le chômage y atteint 15 %, deux fois plus qu’au niveau national. Elle traîne une dette abyssale de 2,2 milliards d’euros. Creuset où se sont mêlés Allemands, Turcs, Polonais et immigrés russophones, Duisbourg compte « un tiers d’habitants avec des racines étrangères », explique Marijo Terzic, du service intégration de la mairie.

Si Bulgares et Roumains entrent dans l’espace Schengen en janvier, ils pourront solliciter une aide au logement de la ville, générant pour Duisbourg une charge supplémentaire de « 15 millions d’euros par an », ingérable sans soutien financier, selon Marijo Terzic.