UE-USA

Alliance Européenne des Mouvements Nationaux

Le 18/04/2013

La construction européenne telle que voulue par les pères fondateurs, Jean Monnet et Robert Schumann avait-elle vraiment comme vocation de faire économiquement contrepoids aux États-Unis ? Il n’est pas déraisonnable d’en douter, puisque l’UE est devenue plus que jamais une colonie américaine sur le plan culturel, financier, sociétal… pour ne rien dire de l‘inféodation des principales nations européennes au bras armé du Nouvel ordre mondial, l’OTAN. Un phénomène d’assujettissement soft que « L’Europe » n’a pas freiné. Nos compatriotes sont-ils conscients, par exemple, que la liberté de circulation des capitaux, imposée par des traités européens voulus et soutenus par la quasi-totalité des partis dits de gouvernement, de droite comme de gauche, en France comme dans les autres pays européens, a eu comme résultat l’acquisition de plus de la moitié du CAC 40 par les fonds de pension (hedge funds) anglo-saxons ? Autre indice et pas des moindres, nous assistons ces derniers mois à la mise en place accélérée du Grand Marché Transatlantique… dans un silence médiatique assez « surprenant ».

La phase finale d’un accord élargi de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis, sur le commerce et les investissements, prévue d’ici juin, est en bonne voie d’aboutir.   Laurent Fabius et le secrétaire d’État américain John Kerry l’ont affirmé de concert le 27 févier, au détour d’un point presse, lors de la visite de ce dernier à Paris, officiellement pour évoquer la situation au Mali et en Syrie.

 « Nous savons que notre dialogue politique doit se fonder sur une relation transatlantique forte, notamment sur le plan économique », a déclaré le ministre des Affaires étrangères. « Le partenariat transatlantique de commerce et d’investissements que le président Barack Obama vient d’annoncer est vraiment une belle opportunité pour nous tous » a renchéri John Kerry. Cet accord transatlantique avait subi officiellement un (petit) coup d’arrêt voici 15 ans par la France, qui redoutait ses conséquences dévastatrices pour notre secteur agricole.

Cet accord a aussi reçu le feu vert de David Cameron et d’Angela Merkel à l’occasion de cette tournée européenne du secrétaire d’État américain. Déclarations qui ajoutent à l’annonce officielle dudit accord par Barack Obama et le communiqué final du dernier conseil des chefs d’États européens.

Dans les faits, nous assistons à la volonté de parfaire une zone de libre-échange intégral, soit l’aboutissement d’un projet de nature typiquement mondialiste qui s’est accompli subrepticement, à pas feutré, selon la technique bien connue du voleur chinois. Le départ fut donné deux ans avant Maastricht par la Déclaration transatlantique du 22 novembre 1990, entre Washington ce qui était alors la Communauté économique européenne (CEE). La mise en place du Marché Transatlantique prévoyait chaque année un sommet UE-Etats-Unis, complété depuis par des réunions ministérielles bisannuelles.

Cinq ans plus tard fut adopté le Nouvel Agenda transatlantique, prévoyant notamment à l’instar de nombreuses déclarations faites à Davos, la promotion de la paix ou l’extension du commerce mondial. Dans le but d’accroître le libre-échange ;le sommet UE-Etats-Unis du 18 mai 1998 décida d’accélérer la coopération entre les deux zones par le Partenariat économique transatlantique.

Le 30 avril 2007, à Washington, lors d’un autre sommet, l’UE et le gouvernement américain ont planifié ce nouveau partenariat économique. A cette fin il fut confié au Conseil économique transatlantique (CET), le soin d’harmoniser les normes entre le droit européen et le droit américain.

Dernière étape avant celle de juin prochain, le 9 mars 2009, le Parlement européen vota une résolution visant à la création d’un marché transatlantique. Le point 45 de celle-ci « (invitait) instamment les partenaires à mettre à profit tout le potentiel du Conseil économique transatlantique pour surmonter les obstacles actuels à l’intégration économique et pour réaliser un marché transatlantique unifié d’ici à 2015 ».

Mais de quoi parle-t-on exactement ? La dépêche de l’agence Reuters affirme, sans autre précision, que « cet accord de libre-échange pourrait accroître d’environ 0,5 % la croissance européenne d’ici 2027, et de 0,4 % celle des États-Unis, avec 86 milliards d’euros de recettes supplémentaires par an pour l’UE et 65 milliards d’euros outre-Atlantique ».

En réalité cet accord sur le Marché transatlantique prévoit l’abolition des droits de douane, la création d’une vaste zone de libre-échange et de concurrence libre et non faussée. Reprenant le discours du Front National qui le premier en France alerta sur la mise en place de cet accord, Jean-Luc Mélenchon  a dénoncé, comme les nationaux avant lui, les prosélytes de ce Marché Transatlantique « qui exigent la levée des restrictions européennes sur l’importation d’OGM, de volaille traitée avec du chlore et de bétail nourri aux hormones de croissance ».

Mais aussi « la dérèglementation en matière de protection des données personnelles pour faire plaisir aux entreprises philanthropiques Google, Facebook et Amazon, l’assouplissement des normes environnementales et sanitaires. Autrement dit, l’extension de la jungle ultra-capitaliste aux deux côtés de l’Atlantique. » Certes, mais c’était bien la peine d’appeler à voter Hollande…

Bruno Gollnisch le rappelait au nom de l’opposition nationale dans l’hémicycle du Parlement européen en juin 2006, il n’y aurait « pas d’objection à renforcer la coopération économique entre les États-Unis et les pays d’Europe, si était cela mutuellement profitable à toutes les parties. En revanche, il n’y a aucune utilité, pour ce faire, à créer un marché transatlantique sans entraves, un véritable marché intérieur sur le modèle européen, avec son lot d’harmonisations législatives et réglementaires, et qui a vocation à s’étendre à l’ensemble du continent américain. Nous ne parlons plus de zone de libre-échange, mais bel et bien d’une intégration économique totale. Avant l’intégration politique ? »

Ce souhait, notait encore le président de l’AEMN, « est symptomatique d’une Europe qui refuse d’imposer le respect des intérêts des États membres et de leurs populations pour les intégrer, les fondre et les faire disparaître dans un vaste ensemble planétaire ».