Marine Chateauroux

Atlantico

Le 12/05/2013

La première banderille est pour Nicolas Sarkozy. Les attaques qui suivent seront pour l'ensemble de l'UMP. Invitée sur France 3 ce dimanche, Marine Le Pen s'est lâchée. Et tout le monde en a eu pour son grade. "Je pense que Nicolas Sarkozy ne reviendra pas, parce qu'il se fera rattraper par la patrouille avant (...), la patrouille des affaires, qui se multiplient, qui sont extrêmement graves", a déclaré la responsable du parti d'extrême droite. Pour rappel l'ancien chef de l'Etat est mis en examen pour "abus de faiblesse" dans l'affaire Bettencourt. Par ailleurs, les juges enquêtent sur un éventuel financement libyen de sa campagne de 2007.

Invitée sur France 3, la présidente du FN s'est exprimée sur l'éventuel retour de l'ancien président de la République, qu'elle ne croit pas possible. Elle rappelle aussi que la France a fait "des choses extrêmement positives" en Afrique.

La déclaration de Marine Le Pen intervient alors que la question d'un retour en politique de Nicolas Sarkozy se pose de plus en plus clairement, notamment depuis les déclarations de son ancien Premier ministre François Fillon se disant candidat "quoi qu'il arrive", sous-entendu même si Nicolas Sarkozy revenait dans le jeu. "Pendant quelques semaines, grâce au mariage homosexuel", les responsables de l'UMP "ont réussi à faire croire qu'ils s'intéressaient à la politique et à cacher leurs rivalités internes", a poursuivi Marine Le Pen. "Mais dès que le sujet a été épuisé, leurs rivalités internes ont recommencé. Ils ne pensent en réalité qu'à leurs intérêts électoraux, en aucune manière à l'intérêt supérieur de la nation."

"On ne parle pas beaucoup de l'esclavage arabo-musulman"

Elle a ensuite critiqué le soutien de 105 députés UMP à Henri Guaino, poursuivi par l'Union syndicale des magistrats (USM) après ses attaques contre le juge bordelais Jean-Michel Gentil. "Je n'aurais pas signé" ce texte, a affirmé la présidente du Front national. "Si M. Guaino considère qu'il a raison, il va aller devant la justice exprimer sa défense." "On nous dit à nous qu'on divise ? Mais dans tous les dossiers, nous sommes la voix de l'unité, nous sommes la voix du rassemblement (...), nous ne sommes pas ceux qui mettent de l'huile sur le feu." Marine Le Pen a aussi tenu à s'exprimer sur la question de l’esclavagisme deux jours après la Journée nationale de mémoire de l'esclavage et de la traite négrière. Elle a assuré qu'il n'y avait "rien de plus horrible" que l'esclavage, mais a demandé qu'on se rappelle aussi que la France a fait "des choses extrêmement positives" en Afrique.

"Nous ne sommes pas la seule nation à avoir commis ces erreurs-là", a-t-elle déclaré sur France 3. Elle a jugé notamment qu'on "ne parle pas beaucoup de l'esclavage arabo-musulman". "Il y a des nations qui ont effectué de l'esclavage et il n'y a rien de plus horrible. Mais la France a aussi fait des choses extrêmement positives en Afrique", comme de "construire des hôpitaux, construire des routes (...) construire des écoles". "Cela, on n'en parle jamais. Je remarque qu'une fois de plus il y a, de la part des socialistes, hélas de la part de l'UMP, une vision qu'à sens unique à l'égard de ces pays". La responsable FN a enfin pointé du doigt une autre forme d'esclavage "moderne", "enfant de la mondialisation à outrance". "L'esclavage, c'est ce qui s'est passé au Bangladesh, ce sont ces 1 000 morts (1 125 selon un dernier bilan) dans l'effondrement d'un immeuble de gens qui travaillent pour des grandes multinationales"