Treclun (21) mai 2013
Pascal Erre

Communiqué de Pascal Erre, Secrétaire départemental FN de la Marne du 09/05/2013

Les pouvoirs publics veulent protéger à tout prix Paris et sa proche banlieue d'une inondation type 1910 : l'intention est louable, mais faut-il le faire au détriment d'une gestion anticipée des risques ? On ne peut que se poser des questions quand on voit l'étendue des zones inondées et la hauteur d'eau.

En effet, sur vigie-crue on peut recueillir les courbes de niveau du 1 er mai au 8 mai de la Seine au pont d'Austerlitz, de l'Yonne qui est l'affluent le plus imprevisible de la Seine, et de la Marne en amont et en aval de Saint-Dizier pour observer le rôle joué par les lacs de retenue et notamment le lac du Der.

Or, à l'observation de ces courbes, on constate que le niveau de la Seine au pont d'Austerlitz, depuis le 1er mai n'a varié que de 1,35m (1,80 à 3,15M). La navigation sur la Seine est suspendue à partir de 4,30 m et la décision "d'ennoyer" certains tronçons du métro pour éviter l'implosion de galeries en raison de la pression de l'eau sur les parois extérieures en raison de la montée de l'eau de la Seine dans ses anciens lits souterrains n'est prise qu'à 5,25m.

Depuis le 1er mai, les autorités disposaient donc d'une marge de manoeuvre de 3,40m pour gérer des délestages des lacs réservoirs sans mettre en péril Paris, tout en absorbant une partie de l'onde de crue en amont (rôle tampon des lacs réservoirs).

Sur la même période, la courbe de l'Yonne, aux crues imprévisibles, démontre qu'il n'y a eu aucun impact significatif sur le niveau de la Seine.

Toujours sur la même période, l'examen des courbes des stations sur la Marne en amont et en aval de Saint-Dizier semble démontrer qu'il n'y a pas eu anticipation de l'onde de crue, et qu'aucune mesure de régulation dans le temps du niveau des lacs de retenue n'ait été prise : 18 millions de M3 d'eau aurait pu être délesté entre le 1er et le 7 mai (source CO.TE.CO), sans risque pour Paris, tout en atténuant la crue de la Marne en amont de Saint-Dizier. La marge de manoeuvre de 3,40m constatée sur la Seine aurait pu très certainement augmenter, toujours sans risque, la gestion à la baisse du niveau de la Marne.

On peut penser que les autorités ont craint une crue conjugée des affluents de la Seine (Yonne et Marne notamment) sans que cette dernière ne se soit produite, ou pour le moins de façon décalée, et que la décision de retenir le maximum d'eau en amont des lacs de barrages saturés au maximum, ait été prise pour protéger Paris d'une inondation.

Une fois de plus le sacro-saint principe de précaution l'a emporté sur une gestion anticipée des risques par la régulation des niveaux, qui aurait certainement eu le mérite sinon d'éviter ces inondations catastrophiques en termes économiques, environnementaux et humains en région Champagne-Ardennes, au moins d'en atténuer les conséquences.

Bref, avec le gouvernement actuel, Paris est au sec pendant que la province patauge dans la boue !