Marion Maréchal-Le Pen Paris le 130113

Le Figaro

Par Sophie Huet le 05/06/2013

La députée FN Marion Maréchal Le Pen prévoit qu'aux municipales, «vont probablement apparaître les premières brèches. Beaucoup d'élus locaux ne prendront pas le risque de perdre leurs villes».

Députée du Vaucluse depuis un an, Marion Maréchal Le Pen a estimé mercredi «ne pas souffrir d'un ostracisme particulier» à l'Assemblée. «Nous avons gagné en légitimité et en crédibilité. Sur tous les sujets, nous n'avons pas cherché à être dans l'outrance ou la provocation», a expliqué la petite-fille de Jean-Marie Le Pen, qui était l'invitée de l'Association des journalistes parlementaires. Secrétaire départementale du FN dans le Vaucluse, celle-ci a ajouté: «Une partie de la classe politique comprend de moins en moins la digue émotive qui continue à être opposée contre nous. Quand M. Copé refuse de me serrer la main, il y a une symbolique très forte (…) Il craint évidemment l'hémorragie massive de son électorat de base vers le FN, notamment dans le département du Vaucluse».

Marion Maréchal Le Pen a formellement contesté un «échange de bons procédés» entre le PS et le FN aux dernières législatives. Certains dénonce un marché qui aurait été conclu entre le PS local et le FN pour faire élire la députée frontiste. «C'est une absurdité totale. Cela ressemble de loin à un règlement de comptes entre socialistes», a-t-elle affirmé, démentant formellement devoir son élection au maintien de la candidate PS, Catherine Arkilovitch, au deuxième tour, en échange du retrait de la candidate FN Martine Furioli-Beaunier dans la 5e circonscription voisine.

La députée du FN a confirmé qu'elle ne serait candidate ni aux municipales ni aux européennes de 2014 «parce que je suis contre le cumul des mandats». En revanche, elle n'exclut pas «d'être sur une liste en soutien», dans une ville de sa circonscription. Concernant la stratégie du FN, elle a indiqué: «Nous avons fait le choix pour les municipales d'être dans la dynamique du rassemblement avec l'outil Rassemblement Bleu Marine (RBM). Nous aurons des situations très différentes, avec des listes FN, RBM (…) et des listes soutenues par le FN de maires sortants sans étiquette qui ont un excellent bilan».

«Les états-majors UMP sont complètement déconnectés de leur électorat»

Marion Maréchal-Le Pen n'a pas caché l'ambition du FN «d'entrer dans le système politique local à travers l'élection de conseillers municipaux». Elle «n'exclut pas de discuter avec des maires sortants», «à condition qu'ils prennent 4, 5 ou 6 personnes sur leurs listes, sans forcément qu'elles soient affichées» FN. Ce qu'elle a appelé jouer «gagnant-gagnant». L'élue frontiste a insisté: «Aux municipales, vont probablement apparaître les premières brèches. Beaucoup d'élus locaux ne prendront pas le risque de perdre leurs villes parce que M. Copé les menace d'exclusion systématique comme à Gamaches» (Somme). «Je crois que les états-majors UMP sont complètement déconnectés de leur électorat».

Marion Maréchal-Le Pen prédit «une recomposition» de la classe politique «mais il n'y aura absolument pas d'alliance entre le FN et l'UMP» au niveau national, car ce parti a, selon elle, «un bilan extrêmement lourd», et le FN a aussi «des divergences fondamentales (avec l'UMP) sur notre conception de l'Union européenne». Celle-ci ne cache pas non plus que le FN cherche à «attirer tout un peuple de gauche qui ne se reconnaît pas à travers le PS ultra libéral tel qu'il existe». «Il serait stupide de se priver de toute cette nouvelle manne électorale», a-t-elle expliqué. La députée du Vaucluse a encore estimé que l'UDI de Jean-Louis Borloo «va faire pschitt, comme tous les partis centristes».