Cazeneuve PS

France Info

Par Grégoire Lecalot le 17/06/2013

Les services publics sont au régime sec à cause de la baisse des dépenses de l'Etat. Au point que leur fonctionnement au quotidien devient compliqué. Le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve n'a pas laissé de place au doute. La diète se poursuivra encore en 2014. Alors le gouvernement tente d'apaiser la grogne qui remonte du terrain.           

Quand on parle de réduction du train de vie de l'Etat, les fonctionnaires sont évidement en première  ligne. Logique puisque l'Etat est leur patron. Dans les services publics, cette  politique s'est d'abord traduite par le non remplacement d'un fonctionnaire sur  deux partant à la retraite. Une mesure voulue par Nicolas Sarkozy et abrogée par son successeur, mais dont les effets se sont poursuivis en  2012, qui même connu un record avec une  diminution d'un peu moins de 30.000 postes  malgré les embauches d'enseignants.

Concrètement, ça fait des trous  dans les services. Et dans certaines  branches, c'est compliqué pour ceux qui  restent. C'est ce qu'a expliqué cet agent  hospitalier auvergnat à la ministre de la fonction publique marylise  Lebranchu, venue prendre le pouls de ses troupes en fin de  semaine dernière : "On supprime des emplois, on  redéploie, on ne titularise plus les personnels. Il y a une diminution de  personnel constante et qui en pâtit ? C'est le patient. les conditions de  travail sont exécrables, on rappelle les agents sur leurs repos annuels, sur  leurs congés hebdomadaires. Ca devient intolérable".

Moins de fonctionnaires doncc'était le but recherché, et qui  plus est, moins bien payés. Le gel du point d'indice revient à celà. Gel et même surgel, puisque ça dure depuis plusieurs années. Et  selon la ministre Marylise Lebranchu, ça va continuer : "Le point d'indice des fonctionnaires est gelé  depuis 2010. Il est encore gelé en 2013 et sans doute en 2014. Les  fonctionnaires payent leur contribution face à la crise et au déficit public.  C'est pour ça que quand on les présente comme des privilégiés, je trouve ça  injuste".

Augmentation mécanique des  dépenses

Les dépenses  publiques ont baissé de 300  millions d'euros du fait de l'effort demandé. C'est un premier résultat. Mais les dépenses de l'Etat augmerntent  mécaniquement de six à sept milliards d'euros par an, du fait des frais de  gestion, du renchérissement du coût de la vie etc. Donc pour obtenir une  baisse effective de 500 millions, il faut  en fait économiser 7 milliards et demi.

Sur le terrain, c'est par  exemple la gendarmerie qui ne peut plus remplacer ses voitures, des bâtiments qui sont moins bien  entretenus et dont certaines parties doivent même  être ferméesCe sont des  réhabilitations de prisons menacées, des  travaux commencés qui sont interrompusquitte à risquer des pénalités, des  logements de fonction remis en question ou des  véhicules de moindre cylindrée; la liste des trucs et astuces pour  économiser est longue. Alors  forcément, ça passe mal. Et Marylise Lebranchu ne peut pas promettre  grand chose d'autre qu'encore des efforts : "On  va essayer de réparer, de renforcer. Mais c'est pas en six mois, ni même en deux  ans, qu'on va régler le problème".

Les syndicats  commencent à trouver les bonnes paroles un peu courtes. Cet agent CGT rencontré  par Marylise Lebranchu a le sentiment d'entendre un double discours : "La ministre, il semblerait, avance dans notre sens,  c'est à dire défendre le service public. Et le gouvernement passe en force.  Alors des paroles d'un côté, des actes de l'autre. Il y a un discours et une  application qui nous semble incompatible avec la défense des services  publics".

Voilà qui promet un automne social à risques pour le  gouvernement. Et ce n'est pas le budget  2014 qui fera retomber la tension.