St-Gilles Gard

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.
 
 
Par Philippe Randa le 19/06/2013

Ainsi donc, Olivier Lapierre, conseiller général du Gard, assure qu’il est prêt à soutenir son « ami de longue date » Gilbert Collard, député du Rassemblement Bleu Marine, s’il se lance, l’année prochaine, à la conquête de Saint-Gilles dont il fut lui-même le premier édile de 2008 à 2010.

La prise de position d’Olivier Lapierre émeut, on s’en doute, le landernau politique car elle fait fi des ukases des dirigeants de l’UMP et de ceux du PS. L’élu se moque de l’obsessionnel « rappel à l’ordre » de ces deux partis qui confirme à l’évidence leur consanguinité électorale tout autant que politique.

Certes, Olivier Lapierre s’est vu retirer en 2011 l’étiquette UMP au profit de son premier adjoint pour une municipale partielle, ce qui l’a aussitôt poussé à une (première) représaille de taille en appelant alors à voter socialiste parce qu’il estimait « que le candidat était un type valable » (« c’est pas pour autant que j’ai adhéré au Parti socialiste », précise-t-il à France Bleu Gard Lozère).

Lorsqu’il soutient aujourd’hui son ami Gilbert Collard, s’il explique « Là, c’est pareil… », il ajoute cette fois une menace : « J’ai autour de moi des amis UMP qui sont prêts à faire le pas avec nous… »

Persuadés d’être élus avec l’étiquette d’un « grand parti » – ou plutôt, persuadés d’être battus s’ils ne l’ont pas –, c’est donc contraints et forcés que nombre d’élus maintiennent le cordon sanitaire autour du FN. Mais sitôt « débarrassés » ou « dépossédés » de celle-ci comme dans le cas d’Olivier Lapierre, ils n’hésitent pas à tendre la main à leurs ex-« adversaires »… parce qu’ils sont « valables » ou, comme le clame encore Olivier Lapierre, parce qu’il « [en a] ras le bol et [qu’il pensait] que ça allait les inquiéter » (Le Lab d’Europe 1).

Inquiéter les instances réciproques de l’UMPS, sûrement. Dans le sens espéré par le futur exclu ? C’est moins certain… À moins que, dimanche prochain, à Villeneuve-sur-Lot, le jeune candidat frontiste soit porté sur les bancs de l’Assemblée nationale par une majorité d’électeurs dont une forte proportion d’anciens « UMPS », dégoûtés. Ou que, l’année prochaine, Saint-Gilles retrouve un maire Front national. En 1989, l’expérience avait tourné court. Ce qui n’empêche pas le mouvement à la flamme tricolore d’y dépasser toujours les 40 % de suffrages…