Gendarmerie trafic

La Dépêche

Le 29/06/2013

Printemps 2011. Sous la pression de plusieurs élus du Narbonnais, le parquet de Narbonne demande à la section de recherches de Montpellier de faire cesser, sur les routes du littoral audois, la prostitution de très jeunes femmes. A l’automne de la même année, une information judiciaire est ouverte. Les premières investigations montrent que les prostituées sont sous la coupe de réseaux structurés.

En mai 2012, un coup de filet se traduit par l’interpellation de 8 proxénètes dont sept sont originaires de Roumanie. Mais très vite, un nouveau réseau va se substituer au premier. Les nouveaux chefs selon le procureur de la République de Narbonne, David Charmatz, «étaient apparus en marge de la première enquête. Ils ont pris du galon». Bien que les filles aient déserté en partie les routes de l’Aude, celles-ci sont contraintes de se prostituer dans l’Hérault et dans le Gard. Les gendarmes vont alors s’atteler à identifier les responsables du réseau. Ils entendront une centaine de jeunes femmes. Mardi, après avoir longuement collaboré avec la police roumaine via l’Office de Police Europea, les gendarmes de la section de recherches de Montpellier ont   procédé à l’interpellation de quatorze personnes, dont cinq en Roumanie au Nord-Ouest de Bucarest.

Selon le colonel Sylvain Noyon, le commandant de la SR, le réseau était  structuré de part et d’autre de la frontière. En Roumanie, les rabatteurs étaient chargés de recruter les filles. En France, mais aussi en Espagne mais aussi en Allemagne «car nous avons pu démontré, précise l’officier de gendarmerie, que certaines d’entre elles étaient passées d’un pays à l’autre. Bien qu’indépendants les uns des autres, les réseaux se passaient les filles comme de la marchandise».

Localement, les proxénètes  tenaient les filles par la contrainte voire la violence en menaçant leur famille en Roumanie de représailles.  Prises dans ce cercle infernal, les jeunes femmes souvent «terrorisées» auraient peu collaboré avec les enquêteurs.

Présentés hier au palais de justice de Narbonne, les membres de ce réseau  ont été mis en examen pour traîte d’êtres humains en bande organisée, proxénètisme et usage de faux documents.

Certains d’entre eux ont été écroués en fin de journée. Le juge d’instruction a également demandé l’extradition des cinq ressortissants roumains interpellés et qui ont été placés en détention provisoire.