Ravier FN Marseille TV

Le sondage commandé par l'UMP pour départager Jean-Claude Gaudin et Guy Teissier en vue des municipales à Marseille en 2014, n'a pas seulement validé le leadership du sénateur et maire sortant sur son challenger député. L'étude de l'IFOP révélée mardi 9 juillet, qui donne 32 % des intentions de vote au premier tour à M. Gaudin contre 29 % à M. Teissier, confirme une autre réalité. Celle que Stéphane Ravier, tête de liste du Rassemblement bleu Marine à Marseille, annonçait à chacune de ses sorties : la montée en puissance du Front nationaldans tous les secteurs de la ville...

Crédité de 18 % des intentions de vote au premier tour dans un sondage réalisé à la demande du PS début mai, le parti de Marine Le Pen bondit à 25 %. "Et s'il est à 25 % sur l'ensemble de la ville, cela veut dire que sur certains arrondissements, comme les 13e et 14e, le FN pointe à 35 %... Et qu'il peut donc gagner des mairies de secteur", analyse le député Patrick Mennucci, candidat à la primaire socialiste.

PREMIER OU SECOND TOUR

Pour Christophe Masseconseiller général PS, lui aussi candidat, la montée du FN à Marseille a "trois causes" : "L'immobilisme de la gestion Gaudin dans les quartiers nord, notamment dans les équipements sportifs, éducatifs ou culturels ; les affaires qui ont éclaboussé la classe politique marseillaise et nationale ; et la succession de faits divers qui déclenche un sentiment de ras-le-bol dans une partie de la population..." Concordance des temps, la veille, tout Marseille bruissait de l'histoire de la rixe déclenchée aux Catalans, la seule plage du centre-ville, provoquant un début de panique...

La perspective d'un FN pointant devant le PS en 2014, a immédiatement réveillé les idées d'union à gauche. "Il est essentiel de travailler à un accord PS-MoDem-Europe Ecologie-Les Verts, qui nous garantirait environ 30 % des voix au premier tour..., poursuit Patrick Mennucci. Mon programme prend cela en compte, avec des propositions sur lesquelles l'unanimité à gauche peut se faire."

"Marie-Arlette Carlotti [ministre et candidate à la primaire socialiste à Marseille]m'a appelé ce matin, notait, le 10 juillet, le conseiller municipal EELV Sébastien Barles. Pour elle, l'hypothèse d'un FN plus haut que le PS au premier tour légitime une liste d'union." Comme beaucoup dans son camp, l'élu vert préfère miser pour l'instant "sur un grand rassemblement à gauche, porté par la société civile, qui symboliserait vraiment une nouvelle gouvernance pour Marseille". Une façon derenvoyer le PS à ses turpitudes et à son héritage guériniste... en attendant les négociations d'entre-deux-tours.

"État d'urgence"

"C'est le projet qui préfigurera l'union, assure le conseiller régional et municipal communiste Jean-Marc Coppola. Nous n'excluons rien mais nous ne voulons pas que le chiffon FN, qui a déjà été aussi haut ici, occulte la nécessaire réflexion de fond." S'il renvoie les discussions à fin septembre, "après les assises citoyennes du Front de gauche", M. Coppola annonce déjà que sur "la question de l'accueil des Roms""l'abandon du clientélisme politique" et "une intervention citoyenne plus active dans la gestion municipale", le PC ne transigera pas...

"Aujourd'hui, j'ai eu trois des six candidats socialistes au téléphone", rit jaune leconseiller communautaire MoDem Christophe Madrolle, "profondément anti-FN". Ecarté des primaires citoyennes par la direction nationale du PS, le parti centriste revient au coeur du jeu : "Avec ces chiffres, calcule M. Madrolle, le Front aura entre 7 et 12 conseillers municipaux. Et plus personne ne possédera la majorité absolue pour diriger seul la ville." Pour 2014, le MoDem a un idéal : un "contrat municipal" qui fédérerait "toutes les forces modérées, du centre droit au PC, avant le premier tour""La seule solution, conclut M. Madrolle, pour répondre à l'état d'urgence dans lequel se trouve Marseille."

Par Gilles Rof le 11/07/2013