Marine 1er mai 2013

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.
 
 
Par Bruno Rionel le 18/07/2013

Le Monde du 2 juillet publie une tribune stupéfiante, révélatrice de la soviétisation morale de la gauche. Nicolas Lebourg, historien, y assume une pensée totalitaire décomplexée.

Jugeant insuffisante la dissolution des mouvements d’extrême droite qui « laisse vaquer hommes et idées », il préconise une« . Il en appelle à la création d’un « dispositif capable de réprimer aussi bien en haut qu’en bas » par l’instauration « d’une structure de veille et de saisine du juge ». La répression sera renforcée« par l’instauration de peines plancher et de privation des droits civiques » pour les déviants de la pensée.

Ces propos dignes d’un commissaire politique sont le fait d’un historien, membre de la Gauche républicaine chargée au PS de lutter contre le« populisme ». Il témoigne de cette logique paranoïaque si caractéristique d’une extrême gauche qui désigne des suspects lorsqu’elle se heurte au réel.

Rien dans l’actualité ne justifie une telle radicalisation, les factieux potentiels s’exprimant, selon l’auteur lui-même, dans un « style feutré » et seraient « des élus, universitaires, hommes et femmes de presse qui diffusent des conceptions altérophobes ». On appréciera l’enrichissement du champ lexical d’exclusion de l’extrême gauche où l’ « altérophobe »rejoint les « contre-révolutionnaires »« ennemis du peuple » et autres« arriérés sociaux ».

Les propos de Nicolas Lebourg révèlent sa méconnaissance d’un extrémisme intellectuel gauchiste qui tend toujours à éliminer ce qui n’entre pas dans ses cadres de réflexion. Il est aussi représentatif d’une jeune génération formatée par les vues d’une bien-pensance qui l’empêchent d’imaginer qu’un glissement de la radicalité idéologique à la violence politique est toujours possible.

Ainsi, le développement d’une mémoire anémiée des crimes commis par la gauche au XXe siècle, par la pratique d’un négationnisme acceptable dans ce cas, renforce les risques de dérive chez de jeunes intellectuels qui n’ont pas appris à prendre en compte l’intégralité des leçons d’un passé qui fut tragique par la folie de tous les extrémismes. Réintroduire cette vérité de bon sens dans le champ historique serait un acte d’assainissement de la conscience collective qui, trop souvent, sélectionne arbitrairement les faits pour servir l’idéologie plus que la vérité. Le rappel dans les ouvrages scolaires de la réalité gommée des cent millions de morts dus à l’extrémisme de gauche modérerait, on peut l’espérer, les excès de ses actuels thuriféraires…