Police enseigne de commissariat

Le policier qui accuse le mari d'une femme intégralement voilée de l'avoir frappé à Trappes va se constituer partie civile lors du procès de ce dernier en septembre. Le fonctionnaire se dit choqué par les propos du mari, qui nie avoir tenté de l'étrangler. L'altercation avant entraîné plusieurs nuits de vives tensions dans la commune.

"Très choqué" par sa mise en cause, le policier ne veut pas en rester là. Celui qui a accusé le mari d'une femme intégralement voilée de l'avoir frappé et serré à la gorge lors d'un contrôle a annoncé mercredi qu'il allait se porter partie civile lors du procès de cet homme en septembre. L'altercation est à l'origine des violences récentes à Trappes (Yvelines).

Le mari de la femme voilée, qui nie la version policière, a affirmé avoir subi des "provocations" et des "insultes" de la part des forces de l'ordre. Poursuivi pour rébellion, violence et outrage à l'encontre d'une personne dépositaire de l'autorité publique, ce jeune homme barbu de 21 ans, converti à l'islam il y a cinq ans, a été laissé libre sous contrôle judiciaire.

Des traces de strangulation

Selon l'avocat du policier, maître  Thibault de Montbrial, ce dernier "n' envisageait pas au départ" de se porter partie civile" mais "il est très choqué par les propos du couple", "relayés avec beaucoup de complaisance par certains médias".  "Mon client dément toute stigmatisation communautaire, a poursuivi l'avocat. Il estime qu'au lieu de pacifier, ces propos risquent d'échauffer encore plus les esprits et d'exposer les policiers non plus à des coups de poing mais à des violences beaucoup plus graves." 

Le policier présente des traces de strangulation au niveau du cou ainsi qu'un hématome "de 3 centimètres" à la pommette droite, "constatés médicalement" selon son conseil. Il ne s'est pour l'heure pas vu prescrire d'arrêt de travail.  Agé d'environ 35 ans, il travaille depuis une dizaine d'années à Trappes, dont "il connaît bien les quartiers" et où "il n'a jamais eu de problèmes" d'après son avocat.

Par François Milho avec AFP  le 24/07/2013