Pôle emploi 4

Même si les contrats d’avenir permettent déjà de faire baisser le chômage des jeunes...

L’inversion de la courbe du chômage n’est pas pour maintenant. Alors qu’en mai, le nombre de chômeurs en catégorie A (sans aucune activité) s’était stabilisé avec seulement 100 demandeurs d’emploi de plus, il est reparti en nette hausse en juin. Selon les données fournies ce mercredi par la Dares, la division statistique du ministère du Travail, le mois dernier 14.900 personnes (+0,5%) de plus sont venues s’inscrire à Pôle emploi soit l’équivalent d’une ville comme Argentan (Orne). Au cours des 12 derniers mois, le nombre de chômeurs a flambé de 11,2% pour atteindre 3.279.400 en France métropolitaine, un record.

Plus de cinq millions de sans emploi

En incluant les personnes ayant effectué une activité réduite (catégories B et C), 4.799.700 demandeurs d’emploi étaient sur les listes de Pôle emploi en France métropolitaine fin juin (et 5 092 700 en incluant les DOM). Un nombre en hausse de 0,1% sur un mois et de 9,1% sur un an.

Mais si on y ajoute ceux qui sont en formation ou en contrat de sécurisation professionnelle (catégorie D), qui ont un contrat aidé (catégorie E) et tous ceux qui disparaissent des statistiques officielles (les titulaires du RSA, les personnes dispensées ou en temps partiel subi ou découragées), la France compte déjà plus de 9 millions de chômeurs !  

Les seniors les plus touchés

Ce mois-ci, les seniors ont payé le plus lourd tribut avec une nouvelle hausse (catégories A, B et C) de 0,8% portant à 14,2% le bon depuis 12 mois. Chez les 25-49 ans, la hausse est de 0,1% sur juin mais de 7,7%. Seule satisfaction, le chômage des moins de 25 ans a reflué de 0,8% le mois dernier (+7,8% sur un an). Une baisse qui s’explique par la montée en charge des emplois d’avenir  destinés aux jeunes peu ou pas qualifiés, qui s'élève déjà à 40.000, selon le président de la République  ce qui permettra, selon lui, «d'atteindre l'objectif de 100.000» à la fin de l'année.

Malgré tout, le ministère du Travail veut voir dans «cette progression modérée du nombre de demandeurs d’emplois» en juin, la confirmation d’une  «amélioration sur le front du chômage, même si elle ne traduit pas encore l’inversion durable de la courbe du chômage qui est l’objectif des prochains mois.»

L’exécutif mise pour cela sur une batterie de mesures. Outre les contrats d’avenir, il compte sur les contrats de génération, la réforme du marché du travail voté au printemps, les 20 milliards d’euros de baisses de charges accordées aux entreprises ainsi que sur la formation de 100.000 chômeurs d’ici 2014 pour répondre en partie aux plusieurs centaines de milliers d’offres d’emploi non pourvues.

Par Mathieu Bruckmüller le 24/07/2013