Banlieue parisienne

Pour le dernier Conseil des ministres avant les vacances, ce vendredi, le gouvernement doit plancher sur de gros dossiers : outre la loi de programmation militaire, un nouveau projet de loi sur la ville est sur la table. Le texte doit permettre de redéfinir la « géographie prioritaire », c’est-à-dire mettre fin à des années de saupoudrage des aides et les concentrer sur les territoires qui en ont le plus besoin. Piloté par le ministre délégué à la ville, François Lamy (invité sur RMC jeudi matin), le projet suit les recommandations formulées par la Cour des Comptes il y a un an. Ainsi, les « Zones urbaines sensibles », créées en 1996, s'appelleront désormais « quartiers prioritaires » et seront bien moins nombreux : 1 200 contre 2 400 actuellement. Tous ces quartiers ont été choisis avec un seul critère, le niveau de revenus des habitants.

« J’attends de voir les moyens mis en œuvre »

Si la liste des territoires n’a pas encore été dévoilée, des cités rurales comme celles de Guéret dans la Creuse, et d'Auch dans le Gers, y figureront.

François Hollande doit d’ailleurs se rendre samedi à Auch, dans la Cité du Grand-Garros, qui recevra bientôt ces aides de l’Etat. « Quand vous rentrez, c’est horrible. Les boites aux lettres toute abimées, les ascenseurs en panne. Au bout d’un moment, il y en a marre », raconte sur RMC Nicolas, qui occupe les lieux depuis 30 ans. Le maire, Franck Montaugé, espère donc lui aussi que l’argent servira avant tout à l’habitat. « Ce quartier est trop dense. Il nous faudra casser des tours pour l’aérer, avec des espaces verts », propose-t-il. Seconde priorité, l’emploi, avec 26% de chômeurs. « Avec cet argent, on pourra être encore plus ambitieux, j’attends de voir les moyens qui seront mis en œuvre », espère Guillaume Broca, directeur de la régie de quartier qui s’occupe de fournir des petits jobs aux habitants.

« Il va y avoir plus de travail »

« Ça fait plaisir, il va y avoir de l’argent, donc plus de travail », espère aussi Elad, 19 ans, un habitant de la cité. « Pour les jeunes dans le quartier, c’est un peu la galère. On est une cinquantaine de jeunes, il n’y en a qu’une dizaine qui travaille. On va voir ce que fait François Hollande, on espère aussi que ce n’est pas un coup de pub. Qu’on n’ait pas voté pour lui pour rien, il faut y croire ».