Régnard USM

Faut-il s'inquiéter de la non-incarcération, jeudi 1er août, à Dreux (Eure-et-Loir), de trois délinquants condamnés à de la prison ferme ? Le président de l'Union syndicale des magistrats, Christophe Regnard, a qualifié, lundi, la polémique née autour de cette affaire de "bal des faux-culs". Le parquet avait refusé de placer les trois condamnés en détention en raison de la surpopulation à la maison d'arrêt de Chartres. "Tout le monde feint la surprise", s'étonne, sur France 2, le magistrat, qui s'en prend à l'opposition et aux ministres de l'Intérieur et de la Justice.

"La droite laisse à penser que c'est scandaleux, alors que, quand elle était au pouvoir, il se passait exactement la même chose", selon Christophe Regnard, rappelant que"100 000 peines n'étaient pas exécutées". Il juge par ailleurs contradictoire l'attitude de Christiane Taubira, qui a réclamé une enquête interne alors que "les faits sont exactement ce qu'elle demandait aux magistrats de faire il y a une semaine", c'est-à-dire de rechercher des sanctions alternatives à l'incarcération (bracelet électronique, travaux d'intérêt général, etc.).

Cette affaire met en lumière un détail peu connu du fonctionnement de la justice. Après une condamnation à de la prison ferme, les personnes punies ne vont pas toutes directement en prison et leur peine peut être aménagée, comme l'explique l'avocat blogueur Maître Eolas"Il n'y a pas de surprise à avoir [sur l'affaire de Dreux], c'est ce qui se fait tous les jours", confirme Christophe Regnard.

Le 05/08/2013