Dallongeville

En matière pénale, il est rare qu’un tribunal aille au-delà des réquisitions du Parquet : c’est pourtant ce qui vient de se passer, avec la condamnation de Gérard Dalongeville à trois ans de prison ferme, alors que le ministère public n’en avait requis que deux. Le tribunal correctionnel de Béthune a donc, ce lundi 19 août, clairement démontré son absence de doutes dans ce dossier.

Accusé d’avoir détourné quatre millions d’euros d’argent public, l’ancien maire d’Hénin-Beaumont – de 2001 à 2009 – avait successivement tenu deux lignes de défense : 1) Il ne savait rien, les malversations ayant été effectuées par son adjoint aux finances, au bénéfice du Parti socialiste du Pas-de-Calais ; 2) Il ne s’est pas personnellement enrichi. « On me reproche des dépôts d’argent sur mon compte, d’avoir effectué plusieurs voyages à l’étranger… Au tribunal, ça va tomber » fanfaronnait-il avant son procès.

Cela n’a pas empêché Gérard Dalongeville d’écoper de la plus lourde condamnation, avec le dénommé Guy Mollet, « homme d’affaires » et bénéficiaire d’un système de fausses factures érigé en institution à la mairie d’Hénin-Beaumont. Fait aggravant, les protagonistes du scandale avaient également impliqué –entre autres – la SOGINORPA, organisme gestionnaire de logements sociaux ! De l’art de faire de l’argent sur le dos des Pas-de-Calaisiens les plus pauvres…

Comble d’ironie et terrible révélateur de certaines pratiques « socialistes », ce jugement télescope dans le calendrier judiciaire l’ouverture par le Parquet de Lille – le 28 juin dernier – d’une information judiciaire contre X pour des faits présumés de corruption et d’abus de biens sociaux au sein de la fédération PS du département. Jean-Pierre Kucheida, ancien député-maire de Liévin, occuperait un rôle éminent dans cette nouvelle affaire. Une information révélée par Dalongeville lui-même, ce qui a incité l’avocat de ce dernier à jouer la carte de la « loyauté » de son client, et à solliciter l’annulation de l’ordonnance de renvoi.

N’ayant pas été suivi en ce sens par le tribunal, MaîtreTerquem a conseillé à Gérard Dalongeville de faire appel. Avantage de la manœuvre : elle présente un caractère suspensif, ce qui permet à l’accusé de ne pas retourner dès à présent en cellule (il a déjà effectué neuf mois de détention provisoire).

Sur un plan politique, le jugement du tribunal correctionnel de Béthune entraîne plusieurs conséquences, et pose quelques questions :

- Condamné à cinq ans d’inéligibilité, Gérard Dalongeville ne pourra pas présenter sa candidature lors des élections municipales de 2014 à Hénin-Beaumont, comme il l’avait pourtant annoncé.
- Si toutefois, d’aventure, la suspension provoquée par l’appel durait jusqu’à mars prochain, les Héninois pourraient assister à un règlement de comptes sanglant : l’ancien maire serait en effet en mesure de se présenter contre la nouvelle gauche locale et de lui faire perdre quelques précieux suffrages.
- A l’époque des faits, François Hollande, alors Premier secrétaire du Parti socialiste, pouvait-il en ignorer les tenants et aboutissants ? Contrairement à ses promesses de campagne, le président de la République n’a pas daigné témoigner lors du procès, alors qu’il y était « invité » par Dalongeville : les Héninois ne sauront donc pas pourquoi l’équipe sortante a bénéficié de moyens et de méthodes lui ayant permis de voler l’élection municipale de 2008 à Steeve Briois et Marine Le Pen.

Trompés et manipulés par Gérard Dalongeville et ses complices socialistes, les Héninois sont aujourd’hui les principales victimes de cette triste affaire, puisque l’actuelle municipalité est financièrement ruinée et moralement discréditée.

En 2014, l’honneur de la ville et de ses habitants ne pourra être lavé que par l’élection d’hommes et de femmes qui sauront respecter la devise « tête haute et mains propres » : les candidats de la liste Front national-Rassemblement bleu Marine.

Par François Vial le 19/08/2013