Mélenchon sorcier

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Boulevard Voltaire

Par Joris Karl le 27/08/2013

Dans le théâtre politico-médiatique, Merluche, c’est un peu le monstre qu’on sort du bois pour faire peur aux enfants. Mais, au final, pareil au croque-mitaine des contes, il s’évanouit une fois le livre refermé… On a vu ça lors des présidentielles, quand après avoir joué au bolchevik, le candidat gros rouge a rallié le grand capital.

Seize mois après, le méchant Merluche aux grandes dents a cédé la place à une sorte de retraité aigri terminant sa vie au fond d’une maison de retraite. Le genre de brave petit vieux qui commence à gonfler tout son entourage, mais qu’on doit encore se farcir, l’euthanasie n’étant pas encore légalisée. Alors ça éructe, ça gueule, ça balance, même contre son propre camp.

Jusqu’à quand tiendront les « amis » de Mélenchon ? Confortablement assis au fond de son pédalo, Hollande est tellement mou qu’il amortit chaque coup reçu. Mais Valls « contaminé par Le Pen » apprécie d’une façon plus modérée, sans parler de Moscovici que Jean-Luc, digne de ses prédécesseurs des années trente, a accusé de faire le jeu de la « finance internationale ». Alors maintenant, dans la majorité, on pense qu’il est temps de dire stop au tribun de la gauche merguez. Pierre Laurent, son allié communiste, lui demande de « cesser la provocation et l’invective ». À choisir entre « faire un score » aux scrutins nationaux ou survivre dans une poignée de municipalités grâce au soutien des “sociaux-traîtres”, ce qui reste des communistes préfère encore la seconde solution. C’est logique, car à part sa grande gueule, Jean-Luc n’a pas rapporté grand-chose au PC.

Terriblement isolé dorénavant, la queue entre les jambes, Merluche tente un baroud d’honneur peu glorieux : partager sa niche avec les écolos…c’est dire la détresse du cabot !

Ce lâchage communiste, ajouté à la longue série d’humiliations électorales (écrasé par le FN aux présidentielles, éliminé au premier tour des législatives) va peut-être finir par avoir raison de lui. Sur les plateaux télé, dans les meetings en plein air, la Merluche fait encore son effet, maniant pêle-mêle gros et grands mots, rictus effrayants et poses de commandeur. Mais sur le fond, l’homme semble dévoré à petit feu par d’insolubles contradictions. Contre le marché ultra-libéral mais pour l’ultra-immigration, contre la politique économique actuelle mais pour l’euro… Jean-Luc Mélenchon, qui se veut héraut d’une France populaire et métissée, n’est suivi que par une minuscule frange de profs grisonnants et de petits Blancs Che-friendly. Un peu court. Pas de chance d’avoir de tels groupies pour un Jean-Luc qui avoue « ne pas survivre quand il n’y a que des blancs aux yeux bleus », que « c’est au-dessus de ses forces » ! (https://www.youtube.com/watch?v=FxDW6j-ZUgA).

L’avenir est sombre pour l’ancien trotsko-socialiste. Quelque chose entre l’oubli ou l’asile. Un destin « semi-dément » sans doute, pour reprendre l’épithète dont il affubla naguère une certaine Marine Le Pen.