Bordeaux (33)

Les 35 professeurs de langue d'une école de management bordelaise, parfois en place depuis 17 ans, se retrouvent, à quelques jours de la rentrée, à devoir choisir entre une forte baisse de rémunération, et la porte, ont-ils annoncé vendredi à l'AFP.

La situation est due au changement de statut de l'école BEM, qui a fusionné avec la marseillaise Euromed Management pour devenir en juillet KEDGE Business School.

BEM appartenait à la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Bordeaux, et les professeurs bénéficiaient du droit social consulaire, permettant l'enchaînement decontrats de vacation successifs. KEDGE étant de droit privé, "l'Urssaf nous a dit que cet enchaînement de CDD était impossible", a expliqué à l'AFP Bernard Belletante, le directeur général de l'école.

La situation a pu être réglée différemment dans d'autres matières. Mais, explique le responsable, "pour les langues, vu notamment le volume financier représenté, l'Urssaf a exigé un appel d'offres", remporté par deux organismes bordelais, l'Instituto Cervantes pour l'espagnol, et le CEL pour les autres langues. Ces organismes ont contacté en priorité les professeurs de BEM, mais, selon ceux-ci, "dans des conditions indécentes et inacceptables en termes de salaire, avec une baisse de 40 à 50%, et des conditions de travail dégradées".

Un petit nombre a accepté, d'autres ont refusé, et la plupart, déconcertés, n'ont toujours pas donné de réponse. M. Belletante explique qu'à Marseille en 2010, après le même changement de statut d'Euromed, 70% des professeurs ont accepté une solution similaire.

"Je suis extrêmement attentif à essayer de maintenir l'activité des professeurs de BEM", assure-t-il, laissant entendre que l'appel d'offres mentionnait des exigences de qualité excluant les offres trop basses. Quoi qu'il en soit, M. Belletante attend désormais "du CEL et de l'Instituto Cervantes qu'il y ait des professeurs de langue à la date indiquée" : ceux de l'ex-BEM ou d'autres.

Après sept ans de présence à BEM, Maria Colom Escorza a refusé l'offre de l'Instituto Cervantes : "Je ne vois pas comment on peut faire le même travail, avec le même engagement, à quasi-moitié prix". Les professeurs se disent "blessés", par "le mépris" de l'école, qui a, selon eux, très peu communiqué sur une situation dans laquelle ils voient "la négation de notre engagement durant des années". Pour la faire connaître, ils ont contacté la presse, édité des tracts et ouvert une page sur Facebook intitulée "Vosanciens Profsdelangues".

Avec AFP

Le 06/09/2013