Poutine lunette soleil

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici. 

Par Jean Bonnevey le 10/09/2013

Pouline a réussi un coup de maitre. Le  judoka russe réussit dans la crise syrienne un Ippon de toute beauté. L’adversaire en effet est immobilisé et privé sans doute de toute possibilité de « frappes » et de riposte. Pourtant la proposition russe aurait dû être dès le départ envisagée par les occidentaux. Puisque l’arsenal chimique de Damas pose problème, il faut neutraliser cet arsenal sous contrôle international. C’est un peu l’œuf de Colomb.

Tout le monde salut, même avec prudence, cette initiative qui change tout, Obama, l’anglais et le français. Il offre une planche de salut à Assad et une porte de sortie aux occidentaux désavoués par leurs opinions publiques et en difficultés politiques. Obama voit s’éloigner un possible désaveu du congrès. Hollande va pouvoir éviter une aventure périlleuse. Mais surtout on va éviter la conséquence imprévisible de frappes sur le pays, la région et le monde.

La guerre, ou la punition, est donc apparemment  reportée à une date ultérieure. En tout cas, on est reparti pour une phase assez longue de négociations. Ce qui est certain, c’est que le dirigeant russe par une initiative diplomatique a, en quelques minutes, changé toute la donne. C’est lui le grand vainqueur. Il repositionne la Russie comme puissance incontournable, ce qui a toujours été son but.
Obama qui ne voulait plus le rencontrer, ni lui parler, se voit presque obligé de le remercier d’une idée que le président américain aurait pu avoir d’ailleurs bien avant. La presse française estime parfois que Poutine a volé au secours d’Obama en difficulté mais ça, c’est le conte de fée médiatique que l’on peut lire par exemple dans Le Figaro pour expliquer le récent coup de théâtre. « Le pouvoir russe volant au secours d'Obama, au moment où il risque un camouflet au Congrès sur son plan d'action militaire en Syrie? Le scénario paraît trop beau pour être vrai, vu l'état des relations bilatérales et la manière dont la Russie de Poutine a, jusqu'ici, enterré systématiquement toute chance de solution diplomatique de la crise syrienne au Conseil de sécurité de l'ONU. Et pourtant, dans un coup de théâtre spectaculaire, qui pourrait redorer leur blason diplomatique et leur conférer un rôle de médiateur indispensable, les Russes ont proposé lundi, par la voix de leur ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, que les Syriens mettent leur arsenal chimique sous contrôle de l'ONU, dans le but de le détruire, et qu'ils échappent ainsi à une attaque militaire américaine. Ils ont précisé avoir évoqué avec Damas cette éventualité et se sont dit prêts à «avancer avec la Syrie», sur un tel scénario, qui contraindrait Damas à rejoindre la Convention internationale sur l'interdiction des armes chimiques. Le régime d'Assad a accueilli favorablement les assertions russes. » Mais comme Poutine méprise Obama qui déteste Poutine, ce soutient ressemble bien sûr à la corde du pendu.
 
Le russe va devenir l’idole des opinions arabes hostiles à Assad mais qui n’en peuvent plus des guerres occidentales et même de l’Onu qui s’inquiétait d’être contournée et ignorée. Une guerre aux conséquences incalculables évitée ? Pas mal pour la bête noire des médias occidentaux. Peut-être, Poutine prix Nobel de la paix…. Obama l’a bien eu sans rien  faire pour la paix, alors pourquoi pas ?

En tout cas, ceux qui le proposeraient avec un petit sourire provoc aux coins des lèvres, mettraient dans l’embarras quelques donneurs de leçons de la bonne conscience de la communauté internationale. Ce serait drôle non ?