Djiahdistes Syrie

Près de deux cent Français seraient sur le chemin de la Syrie ou y seraient présents pour combattre le régime de Bachar Al-Assad, selon les services de renseignements. Interrogé sur ce sujet le 1er septembre dans le Grand rendez-vous Europe 1, Le Monde, I-Télé, Manuel Valls confirme : « plus d'une centaine de Français ou de résidents en France sont aujourd'hui en Syrie. » 

Sans compter ceux qui ne sont pas parvenus à s'y rendre, à l'instar des cinq personnes interpellées lundi dernier dans l'affaire du braquage d'un restaurant Quick, à Coignières (Yvelines). Mis en examen, les individus ont été écroués pour « vol avec arme et complicité de vol en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme ». 

Agés de 23 à 34 ans, ils sont soupçonnés d’avoir réalisé le cambriolage pour financer un départ en Syrie afin de rejoindre des groupes djihadistes. Deux d’entre eux étaient des convertis et un seul possédait un casier judiciaire pour vol aggravé, selon des informations du quotidien Le Monde. Certains d'ailleurs avaient été repérés par les services de renseignements, lors de leur participation à la manifestation devant l’ambassade américaine. Deux cent cinquante personnes s’étaient rassemblées à Paris le 16 septembre 2012 en réaction à la vidéo « L’innocence des musulmans. » 

Pour Manuel Valls, « la difficulté c'est qu'ils vont combattre un régime que nous condamnons nous-mêmes. Beaucoup combattent dans l'armée officielle de l'opposition, d'autres peuvent se retrouver dans des groupes djihadistes qui sont sur des listes d'organisations terroristes ». 

Ce phénomène inquiète les services de sécurité et de renseignements français, notamment la question de leur retour en France. Seront-ils alors arrêtés ? Des preuves d’un passage dans des camps d’organisations considérées comme terroristes pourront être agrégées par la Direction générale des services extérieurs (DGSE) pour condamner ces apprentis djihadistes car en 2012, la majorité socialiste au parlement, appuyée par les centristes, la droite et leurs alliés écologistes, a adopté une nouvelle loi relative à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme. 

Elle prévoit notamment la possibilité, pour la justice française, de poursuivre « des actes de terrorisme commis à l’étranger par des Français ou des personnes résidant habituellement en France en permettant de poursuivre les personnes ayant participé à des camps d’entraînement terroristes à l’étranger alors même qu’elles n’auront pas commis d’actes répréhensibles sur le territoire français ». Ce même texte a prolongé jusqu’au 31 décembre 2015 la surveillance à but préventif des données de connexion (internet, géolocalisation, factures détaillées de téléphone) mis en place par la loi du 23 janvier 2006, relative à la lutte contre le terrorisme. 

En clair, la police peut accéder aux données Internet, factures détaillées de téléphone et géolocalisation sans qu’aucun délit n’ai été constaté et sans avoir recours à une décision de justice préalable si l’individu est soupçonné de prévoir des actes terroristes. « Les nécessités de la lutte contre le terrorisme justifient donc la mise en œuvre d’une procédure de réquisition administrative (NDLR en dehors de l’intervention d’un juge), même si celle-ci aura d’incontestables incidences sur la vie privée de nos concitoyens » précisait déjà le rapport Marsaud à l’origine de la loi. Un arsenal répressif en somme renforcé.

Par Thibault Le Berre le 11/09/2013