UDT 2013 FN

Marine Le Pen réunit ses troupes samedi et dimanche à Marseille, pour son université de rentrée. Elle veut traduire les bons sondages dans les urnes aux municipales.

Ils étaient un millier l'an dernier à l'auditorium de la Baule mais cette année le Front national a vu grand pour sa rentrée d'été. Le parti de Marine Le Pen attend 2500 personnes le samedi et près de 4000 le dimanche pour le meeting de fin. Choisie il y a plusieurs mois, la ville de Marseille tombe à pic pour cette université d'été du FN, selon ses dirigeants, en raison des thèmes que ce parti met traditionnellement en avant, notamment l'insécurité. Le candidat marseillais Stéphane Ravier est actuellement crédité de 25% dans les sondages et espère bien mettre en danger en mars prochain l'actuel maire UMP de la ville Jean-Claude Gaudin. 

Sondages flatteurs, gouvernement à la peine dans l'opinion, UMP empêtrée dans ses querelles de chefs, tout semble sourire à Marine Le Pen en cette rentrée. Et son numéro 2 Florian Philippot ose même ce mot d'ordre. "On veut prendre de la hauteur". "Leurs querelles sont effarantes, on a un chef incontesté, ils ont des problèmes de positionnement politique, nous structurons le débat", assure celui qui voit dans l'étiquette extrême droite "une insulte". "On n'a jamais été aussi confiants et optimistes", renchérit Wallerand de Saint-Just, trésorier du parti qui conduit la liste municipale parisienne. Cette confiance des dirigeants du FN s'explique par l'incapacité de l'UMP à se reconstruire et à attirer les Français mécontents du gouvernement de gauche. 
 
Des villes du sud "prenables"

Même s'il faut les prendre avec prudence, les sondages pour le FN sont bons. La droite et le centre-droit obtiendraient 35% (-3) des voix, la gauche parlementaire 40% (-2) et le Front national 16% (+4) si le 1er tour des élections municipales se déroulait dimanche, selon un sondage CSA/BFMTV/Orange/Le Figaro publié jeudi.  Pour Ifop-Valeurs actuelles, 34% des Français (38% de sympathisants de l'UMP) se disent proches des idées de Marine Le Pen. Les adhésions ? Elles s'accélèrent, assure Florian Philippot : "trois fois plus en juillet 2013 qu'en juillet 2012, deux fois plus en août". Soit environ 70.000 adhérents
 
Le FN attend les municipales de mars prochain avec gourmandise. Le scrutin de 2008 avait été piteux pour le parti de Jean-Marie Le Pen : 120 listes, 70 conseillers municipaux seulement. Cette fois, 623 têtes de liste ont déjà été investies, dont la moitié dans des villes de 10 000 à 30 000 habitants. Or ces petites villes sont celles où le sentiment d'insécurité a le plus augmenté de 2010 à 2012, selon l'Observatoire national de la délinquance. En cause, la flambée des cambriolages... 

Dans le staff de Marine Le Pen, on égrène un chapelet de petites villes "prenables", méridionales surtout (Carpentras, Tarascon, Istres, Fréjus...) Le parti table aussi, note Nicolas Bay, directeur de campagne pour les communes de plus de 3.500 habitants, sur une kyrielle d'élus. Objectif : "un maillage territorial" pour accroître sa visibilité et, accessoirement, faciliter la quête des parrainages présidentiels. Les municipales permettent aussi de braconner. Listes communes ou fusion d'entre-deux-tours: le FN a adopté une charte en dix points pour cadrer ces éventuels accords. Certains points n'effaroucheront guère (fiscalité stable), d'autres sont plus marqués (démantèlement des camps illégaux de Roms).

Le 13/09/2013