Budget

Communiqué de Karim Ouchikh, conseiller de Marine Le Pen à la Culture, à la Francophonie et à la Liberté d’expression, Président exécutif du SIEL

Avec un budget de 7,26 milliards d’euros prévu par la loi de Finances pour 2014, soit 2 % de moins que le montant alloué l’année passée (7,4 milliards d’euros), le budget de la culture est une fois de plus mis à l’amende, toutes dépenses confondues.

Des pans entiers de l’activité du ministère de la Culture vont ainsi souffrir de ce nouveau coup de rabot. Avec une dotation de seulement 309 millions d’euros, les crédits consacrés l’année prochaine à la protection des monuments historiques seront ainsi notoirement insuffisants pour faire face à l’immensité des besoins d’un secteur auquel les Français sont grandement attachés. Une large part des économies budgétaires sera aussi réalisé aux dépens des grands établissements culturels : avec le Louvre, Orsay, le Quai Branly, Versailles, Fontainebleau, la Comédie française ou l’Opéra de Paris, la liste est longue de ces institutions prestigieuses qui devront nécessairement diminuer le nombre et la durée de leurs expositions alors que celles-ci participent pourtant largement au rayonnement culturel international de notre pays ; faute de ressources suffisantes, ces ‘‘poids lourds’’ de la culture française devront également différer l’exécution de travaux de réfection et d’aménagement des espaces d‘accueil. Les aides à la presse seront réduites et le concours financier à l’audiovisuel public baissera de 1 %, ce qui impactera inévitablement la vitalité des secteurs de l’information et de la création dans notre pays.

Seuls les crédits alloués aux arts plastiques, à l’éducation artistique et culturelle et au spectacle vivant seront en légère hausse. La renégociation prochaine du régime d’assurance-chômage des intermittents du spectacle, qui s’annonce houleuse, n’est sans doute pas étrangère au choix de priorités budgétaires qui demeurent avant tout marquées par un parti pris culturel certain.

Le candidat Hollande avait promis de « sanctuariser » les crédits de la culture. Un engagement électoral aussitôt abandonné par le chef de l’Etat au lendemain de son élection. Alors que les pouvoirs publics se doivent, en cette époque de dérèglement culturel généralisé, de retisser les liens entre la Nation, dans toutes ses composantes, et l’héritage historique et culturel qui fonde notre civilisation, le gouvernement a décidé de privilégier au fond, dans ses arbitrages budgétaires, le spectacle vivant plutôt que de contribuer à l’amélioration de l’activité de nos musées ou de garantir la protection de notre patrimoine. Pareillement emmurés dans leurs certitudes idéologiques, François Hollande et son ministre Aurélie Filippetti ne voient donc pas que ces priorités culturelles sont aux antipodes des aspirations durables des Français, lesquels ont toujours plébiscité les efforts menés pour œuvrer à la protection et à la valorisation du patrimoine historique de la France, comme en témoigne le succès rencontré chaque année par les Journées du Patrimoine.

Dans cette entreprise vertueuse qui consiste à faire du Ministère de la Culture et de la Communication un levier politique stratégique pour combattre l’insécurité culturelle qui gangrène partout la société française, François Hollande a de nouveau manqué le coche.