Sondage 1

Brignoles dimanche avait estourbi la classe politique. Un sondage Ifop pour Le Nouvel Obs l’affole. L’UMPS branche convulsivement sa machine à insulter.

Aux européennes de mai prochain, 24 % des personnes interrogées ont l’intention de voter pour une liste du Front National. 22 % pour l’UMP, 19 % pour le PS. Les autres partis recueillent entre 2 et 11 % d’intentions de vote.

En mai dernier, un sondage plaçait le FN en deuxième position derrière l’UMP aux européennes. Celui-ci confirme une déclaration récurrente de Marine Le Pen ces derniers temps : le FN est le premier parti de France.

En 2009, les élections européennes avaient été décevantes pour le Front National, avec un score de 6,34 %. Que s’est-il passé depuis qui explique la progression ? Le sarkozysme n’a pas donné la récolte que les naïfs attendaient. Le hollandisme précipite le pays dans la disette. Le peu qu’on aura pour s’alimenter bientôt ne sera que halal. L’immigration-invasion continue – que les « primo-arrivants » débarquent directement chez nous ou via Lampedusa, le résultat est le même ; et les Roms bénéficient d’une impunité européenne. Cette Europe, leur Europe, a donné toute sa mesure. Les Français, commente Steeve Briois, sont d’accord avec la critique lepéniste d’« une Union européenne ultralibérale qui les opprime et à laquelle les partis du système ont vendu leur âme et le destin de nos compatriotes ».

La machine à insulter

Pour le député UMP des Hauts-de-Seine, Patrick Ollier, « ce n’est qu’un sondage ». Oh, certes ! ce n’est que cela. Mais pourquoi, alors, cette panique ? Pourquoi les insultes ? Thierry Mandon, porte-parole du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a qualifié mardi le FN de « parti national fasciste ». Mandon est tout juste bon, intellectuellement, à regarder des séries télévisées françaises où des Résistants en cire bravent des occupants de carton pâte. « C’est finalement assez amusant, a déclaré Florian Philippot, parce que ça démontre leur état de panique et d’affolement suite à Brignoles, tous les sondages, tout ce que l’on voit sur la très forte dynamique du FN. » Dans l’affolement, le PS, le gouvernement et combien d’autres sont devenus des « machines à insulter ».

La machine à insulter le FN est une vieille invention, qui a beaucoup servi, plus que le Kärcher de Sarkozy ou la boîte à outils de Hollande. Là elle s’emballe, elle patine, elle fume et crépite. Ses utilisateurs auraient tout intérêt à s’en écarter, à la débrancher peut-être. Elle risque, comme la roue de sainte Catherine, de leur éclater au visage.

La palme de l’insulte revient sans équivoque possible à notre Premier ministre, invité mercredi sur Europe 1. « D’une certaine façon, je vais vous dire, le Front National n’aime pas la France, la France n’est pas un pays qui se rapetisse, qui se recroqueville, c’est un pays qui défend des valeurs et a un rayonnement mondial. » Quelles valeurs, sinon celles du fisc et de la taxe, quel rayonnement mondial sinon celui des grandeurs passées qu’on trimballe en bandoulière dans des conférences internationales où ces vieilleries attirent un intérêt poli ?

« Ce que veut le Front National, continue Ayrault, c’est le repli derrière les frontières, une ligne Maginot et on sait que les lignes Maginot ont toujours été transpercées. » Non : ce sont eux qui veulent une ligne Maginot, leur fameux « barrage » – la ligne Maginot, entre nous, est typiquement un truc qu’aurait pu inventer l’UMPS.

Le Front national n’aime pas la FranceNon en effet, les électeurs du Front n’aiment pas cette France où ils sont nés mais où ils ne sont pas les bienvenus, ils n’aiment pas cette France où ils sont ponctionnés, rincés et asservis par des bureaucrates et des idéologues. Regardez les chaînes d’information, l’après-midi. La comédie parlementaire est retransmise en direct. Comparez avec vos préoccupations quotidiennes. Eux seuls ne s’aperçoivent pas que le décalage est considérable. Faisons-le-leur mesurer dans les urnes.

Autre sondage

Pour contrer la montée du Front National, Christian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, recommande des listes communes UMP-UDI aux européennes. Un deuxième sondage (Ipsos pour France 2 et Le Parisien) le met à côté de la plaque : une majorité de sympathisants UMP (53,1 %) et une bonne proportion de sympathisants UDI (46,1 %) se disent favorables à des accords avec le Front National au niveau local.

Caramba ! Encore raté.

Par Martin Schwa le 11/10/2013