Champagnole (39) hôpital

La santé va mal en France et plus près de chez nous...et pour cause, dans le Jura.

Le quotidien Le Progrès publie ce jour un article revenant sur le projet porté par l'Agence Régionale de Santé qui prévoit une réorganisation des services des urgences en Franche-Comté. avec comme victimes potentielles les hôpitaux de Champagnole, Saint-Claude et Dole (déjà sous le coup d'une réforme de l'ARS) dans notre département.

Extrait de l'article de Philippe Galland

« Moins de prises en charge et plus de frais »

Daniel Grandchavin, patron des urgences de Champagnole n’est pas complètement surpris par la situation. « C’était prévisible et, de mon point de vue, hautement souhaité en haut lieu. L’idée de l’ARS est de rendre le Smur dépendant de Lons. La disparition des urgences implique une fermeture potentielle à minuit du service. Par voie de conséquence beaucoup de pathologies ne pourront plus être reçues ». L’urgentiste développe : « Avec un seul médecin appelé en opération extérieure, le patient ne pourra pas être reçu et devra se rendre à Lons. Cela engendrera des frais supplémentaires et le temps d’attente plus grand et les délais de prise en charge supérieurs ». Et de pointer une désaffection des hôpitaux jurassiens pour ceux, plus structurés des autres départements. « Les Sanclaudiens iront à Oyonnax, les Dolois à Dijon et les Champagnolais à Pontarlier ».

Une privatisation des soins ?

Et d’en égrainer les conséquences « pour Champagnole aujourd’hui, mais demain, pour qui ? Ce projet fera disparaître de 5 à 6 médecins et autant d’infirmières car les moyens de reclassement sont impossibles du fait de la fermeture de lits. Là encore, cela générera des frais avec des transports médicalisés ».

Daniel Grandchavin est loin d’être optimiste. « Certains décideurs ne savent pas comment fonctionnent l’hôpital et les offres de soins. De toute façon, depuis l’ARH [agence régionale d’hospitalisation qui est devenue l’agence régionale de santé, ndlr], on cherche à détruire Champagnole. Les services ferment les uns après les autres. On voudrait mettre en place une privatisation des soins que l’on ne s’y prendra pas autrement ».

« Les urgences ne pourront plus être assurées »

Pour Thierry Gazon, syndicat FO : « La décision de fermer ce que l’on appelle une ligne de médecin, met dangereusement en cause l’avenir des urgences. En effet, aujourd’hui nous disposons de deux médecins en service 24 h/24. Demain, avec un seul médecin, qui assurera le service lorsqu’il sera en opération extérieur ? Cela passera par une fermeture des urgences la nuit. »

« La présentation de ce projet est une mascarade »

Jean-Louis Duprez, vice-président de la communauté de communes Champagnole porte du haut Jura s’indigne également. « Nous sommes arrivés à une nouvelle étape. Maintenant, on nous consulte après la remise du dossier au gouvernement. C’est scandaleux ! La présentation de ce projet est une mascarade. L’ARS nous tient un argumentaire orienté. Ce sont eux qui sont responsables de tout. Il est hors de question d’assumer à leur place. Je me pose comme défenseur du territoire. Il faut réactiver le comité de défense de l’hôpital, dont je suis le trésorier ». Et d’en appeler à un sursaut citoyen : « Il s’agit, désormais, de remobiliser la population et les élus face au risque de désertification qui nous menace. Je rappelle que la mise en place de cette consultation programmée se traduira, avec effet au printemps 2014, par des suppressions d’emplois ».

« L’ARS, bras armé du gouvernement socialiste »

Clément Pernot adopte un discours beaucoup plus offensif. « Même si on nous présente une nouvelle fois ce projet comme n’étant pas encore validé, je crains que l’on soit mis devant le fait accompli. Je dénonce ce gouvernement socialiste qui utilise l’ARS comme son bras armé ». Le maire de Champagnole, conseiller général poursuit : « Il faut bien comprendre que nous ne sommes décideurs de rien. L’hôpital un service public malmené au regard d’autres administrations qui bénéficient des faveurs gouvernementales. Il faut que les élus se mobilisent. Quant à la communauté hospitalière territoriale, elle n’aura son utilité que si l’ensemble des maires s’indignent. Nous devons entrer en rébellion contre le système en place »

C'est tout de même fort de café d'entendre un élu UMP appeler à la révolte contre le Système !

Au delà une question se pose : nos compatriotes vont-ils accepter ainsi sans protestation de faire pratiquement 70 kilomètres, pour ce qui est des dolois, pour atterrir et attendre aux urgences du CHU de Dijon ?

Pas sûr !

GS