Clermont-Ferrand (63)

Le mouvement de protestation ne semble pas retomber depuis le campement installé sur la place de Jaude à la rentrée de septembre.

Des sans-papiers accompagnés de militants ont décidé de pénétrer de force dans la mairie de Clermont-Ferrand, hier soir, pour protester contre le manque d'hébergement. Une soixantaine de personnes était sur place. La mairie s’est engagée à héberger pour une nuit, neuf personnes dans le cadre d’un dispositif d’urgence.

En cause ? Des courriers reçus il y a quelques jours par de nombreuses familles, leur demandant de quitter leur hébergement d'urgence à compter du 24 et du 28 octobre et de se tourner vers le 115 pour se reloger. Ainsi, ce sont plus de 20 familles qui se sont retrouvées menacées d’être à la rue. Et si, hier matin, seize d’entre elles – soit 65 personnes – avaient l’assurance d’être relogées au moins jusqu’au 4 novembre, cinq autres étaient toujours sans solution. « Quand on appelle le 115, on nous explique qu’il n’y a plus de places », résume, lapidaire, Djo, ressortissant congolais concerné par ce problème d’hébergement et qui vit dans un squat.

« On recommence à vivre ce qu’on a vécu début septembre (*) », complète, de son côté, Pascale, militante à la Ligue des droits de l’homme. Pour éviter que pareille situation ne se reproduise, une centaine de personnes s’était réunie, hier matin, sur le parvis de la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS). Avant d’être finalement reçues par son directeur et représentant du préfet, Bertrand Le Roy.

À l’issue de ce rendez-vous, ce dernier s’était engagé à ce que ses services, en coordination avec le 115, apportent une solution dans l’après-midi à ces 25 personnes concernées. « Dans l’après-midi, une seule a pu être relogée car deux de leurs enfants sont scolarisés », s’indignait Martine Roussel pour le Réseau éducation sans frontière, pas certaine malgré tout que le relogement soit effectif dès hier soir. (*)

(*) Faute d’hébergement, le 2 septembre dernier, plusieurs centaines de sans-papiers et sans-logis s’étaient retrouvées à la rue avant de finalement camper place de Jaude.

Le 29/10/2013