Mory-Ducros 1

Communiqué de Karim Ouchikh, conseiller de Marine Le Pen à la Culture, à la Francophonie et à la Liberté d’expression, Président exécutif du SIEL du 22/11/2013

La mise en redressement judiciaire de la société Mory Ducros, deuxième transporteur français, menace les 5000 emplois, répartis sur 84 agences en France, que compte cette entreprise basée à Gonesse (Val d’Oise). Victime d’une conjoncture économique en berne, qui réduit ses volumes de marchandises, ne pouvant comprimer ses importants coûts fixes, la société Mory Ducros a perdu l’an passé 80 millions d’euros, sur un chiffre d’affaires de 760 millions d’euros, et ne cesse depuis de perdre des clients face une concurrence toujours plus vive.

Dénoncée depuis de nombreux mois par les syndicats, la dégradation de la santé du transporteur était notoirement connue : ni le Ministère du Redressement productif, ni le député maire socialiste, Jean-Pierre Blazy, particulièrement inactif sur ce dossier, n’ont pris la mesure de la gravité de la situation. Ce manque coupable d’anticipation et de combativité conduit aujourd’hui à une prise de conscience tardive des pouvoirs publics qui pèsera manifestement lourd dans la balance lors de l’élaboration du plan social massif que tous les salariés redoutent.

Avec son important réseau d’agences et un savoir faire professionnel reconnu dans la profession, cette entreprise dispose pourtant d’atouts importants qu’elle doit mettre désormais au service d’une diversification de son activité, en orientant celle-ci vers les secteurs beaucoup plus porteurs de la logistique ou du transport international. Conduisant la liste Gonesse Bleu Marine aux municipales 2014, j’appelle solennellement l’Etat à prendre ses responsabilités pour sauver la société Mory Ducros de la liquidation judicaire et préserver l’emploi de ses salariés : d’abord en apportant à l’entreprise un concours financier décisif, en mobilisant la banque publique d’investissement, sans crainte de s’exposer aux admonestations prévisibles de la Commission de Bruxelles ; ensuite, avec un volontarisme éclairé, en incitant la société Mory Ducros à réorienter ses priorités économiques, en oeuvrant à son rapprochement durable avec les partenaires industriels et financiers concernés.

Dans la conduite des affaires du pays, un enseignement doit être tiré de ce sinistre majeur : plutôt que de toujours intervenir tardivement, tel un pompier à la peine, pour tenter de redresser industriellement la France, Arnaud Montebourg serait désormais bien inspiré de détecter en amont, – pour les traiter préventivement -, les trop nombreuses difficultés subies par les entreprises françaises en organisant réellement les services de l’Etat en ce sens et en mobilisant vraiment les acteurs économiques et politiques de terrain mais aussi en mettant enfin en place un protectionnisme intelligent aux frontières de notre pays.