Fleurs crépuscule

Lundi 18 novembre / La chasse au « Breivik français » débute

A Paris, un homme a ouvert le feu dans les locaux du journal Libération et de la chaîne BFM-TV, blessant un photographe. Pour le plus grand bonheur des bien-pensants de gauche – pléonasme – les premiers témoignages mettent en cause un homme « de type européen ». Sur les plateaux de télévision, d’éminents analystes se succèdent pour déplorer doctement une dérive nationaliste – suivez leur regard – et voir dans l’individu un succédané d’Anders Breivik, islamophobe assassin de jeunes militants politiques en Norvège… (à suivre)

Mardi 19 novembre / Hollande prendrait bien la clé (de) Deschamps

L’un – Didier Deschamps, ancien champion du monde de football, aujourd’hui entraîneur de l’équipe de France – est reconnu pour sa culture de la gagne ; l’autre – François Hollande, ex-président du Conseil général de Corrèze – donne chaque jour à voir son incompétence. Quand il s’agit de récupération politicienne, le président de la République par intérim retrouve toutefois des réflexes professionnels : interrogé après la qualification française pour la prochaine coupe du monde, l’Irrésolu ose une comparaison entre le rôle d’entraîneur et celui de président des Français. A ceci près qu’en football, un entraîneur sans résultats est rapidement démis de ses fonctions… ou démissionne.

Mercredi 20 novembre / Ayrault-omanie fiscale

Sans domicile idéologique fixe, le Premier ministre sent poindre le jour où sa tête tombera symboliquement dans la poussière de la colère populaire. Pour repousser ce moment – « Encore un instant, Monsieur le bourreau » –, Jean-Marc Ayrault exhume la « remise à plat fiscale » promise par François Hollande en mai 2012. Fusion impôt sur le revenu-CSG, prélèvement à la source ou suppression de niches fiscales sont les pistes les plus couramment évoquées pour nourrir la diversion gouvernementale. Dans l’indifférence quasi-générale, puisque la majorité des Français savent que ce sont les classes moyennes – eux – qui paieront.

Jeudi 21 novembre / Le « Breivik français » se nomme Abdelhakim Dekhar

Sale temps pour les politologues d’ordinaire si prompts à condamner les outrages faits à la République. Le « tireur fou » pourchassé depuis le début de semaine a été arrêté, et ce n’est ni un illuminé de l’ultra-droite, ni un inconnu. Abdelhakim Dekhar est en effet un ex-compagnon de route de Florence Rey et Audry Maupin, charmant petit couple de gauchistes anarchistes ayant assassiné quatre personnes en 1994, pour de l’argent. Les 20 années qui se sont écoulées n’ont visiblement pas changé Dekhar, qui se permet le luxe – et la provocation – d’entamer une grève de la faim pour influencer la Justice…

Vendredi 22 novembre / Pour Hollande, l’Afrique c’est chic !

Depuis son entrée en fonctions, les seules acclamations reçues par François Hollande l’ont été au Mali, suite à l’intervention militaire française contre les islamistes locaux. Le domaine extérieur reste d’ailleurs le seul dans lequel le chef de l’Etat conserve quelque crédit. Est-ce pour retrouver sa madeleine de Bamako que le Mi-mollet de la République bombe à nouveau le torse ? Toujours est-il qu’il annonce une prochaine intervention des troupes françaises en Centrafrique, pays ravagé par des affrontements tribaux et religieux. Evidemment, de la part d’un président de gauche, il ne saurait s’agir de néo-colonialisme…

Samedi 23 novembre / Le toutou communiste montre les dents

En voilà, un vilain chien-chien à son pépère socialiste ! Après avoir appelé à voter Hollande en 2012, passé des accords avec le PS pour les législatives et d’ores et déjà fusionné des listes avec ces mêmes socialistes pour les élections municipales 2014, les communistes du Front de gauche jouent aux rebelles. En cause, plusieurs déplacements du Premier ministre dans des villes au sein desquelles ils présenteront des candidats, visites agrémentées de discours devant des militants socialistes… localement adversaires du Front de gauche et du PC ! La défense du bien commun est décidemment bien loin des préoccupations de Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent et consorts…

Dimanche 24 novembre / Bonnets rouges : 1 – Syndicats : 0

Le succès des manifestations des « Bonnets rouges » bretons avaient donné des idées aux syndicats. Emplis d’un optimisme délirant eu égard à leur réelle représentativité, leurs responsables ont donc appelé à manifester en Bretagne – on ne sait plus trop pour quoi ou contre qui, mais il s’agit sans doute une grande et belle cause. Malheureusement pour eux, « flop » est aujourd’hui le terme le plus souvent repris dans la presse pour évoquer cette mobilisation. Un camouflet de plus pour ces supposés représentants d’ouvriers et de salariés, qui ne représentent qu’eux-mêmes et sont si déconnectés de ce que devrait être leur rôle qu’ils sont aujourd’hui totalement décrédibilisés.

Par François Vial le 26/11/2013