Manifestation Antiraciste 30112013

Plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi partout en France contre le racisme à l'appel du monde associatif et syndical, en réaction aux attaques contre la garde des Sceaux, Christiane Taubira. Les organisateurs espéraient cependant plus de participants.

Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de 80 villes ce samedi pour dénoncer la montée du racisme en France et les propos racistes dont la garde des Sceaux, Christiane Taubira, a récemment été la cible.

Des manifestations à travers toute la France

Quelque 600 personnes, selon la police, ont par exemple bravé dans la matinée une pluie glaciale dans le centre de Toulouse, appelant "à reprendre en main la République". A Lyon, entre 200 à 300 personnes se sont quant à elle rassemblées place Bellecour, derrière une banderole proclamant : "pour la dignité, contre le racisme". Les organisateurs ont dénoncé un "climat de violence qui s'est instauré, ces derniers mois, à Lyon et dans le département du Rhône, où de nombreux actes racistes, xénophobes et d'intolérance sont constatés quotidiennement". 

Le principal cortège défile dans la capitale 

Le principal cortège a défilé dans l'après-midi à Paris entre la place de la République et Bastille. Il a réuni 25.000 participants selon les organisateurs, qui en espéraient plus, et 3.900 selon la préfecture. Parmi les banderoles, on pouvait lire "Halte au racisme" ou "Originaires d'Outre-Mer contre le racisme".

Plusieurs élus de gauche, comme Jean-Luc Mélenchon, étaient présents, autour de la ministre déléguée chargée de la Réussite éducative, Georges Pau-Langevin, seule membre du gouvernement présente. Longtemps présidente du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples, elle a estimé "inimaginable" pour elle de ne pas être là, "en tant que militante des droits de l'Homme". C'est une manière de montrer aux tenants du racisme et des extrémismes qu'ils ne gagneront pas ; on ne les laissera pas défigurer la République", a-t-elle affirmé.

Sans-papiers, francs-maçons, Antillais... 

Dans le cortège, se trouvaient de nombreux Antillais, des francs-maçons, et des collectifs de sans papiers. Certains participants étaient toutefois surpris par l'affluence en demi-teinte. "Je suis déçu et n'arrive pas à comprendre pourquoi nous sommes si peu", a reconnu Steevy Gustave, un Antillais élu de Brétigny-sur-Orge, à l'origine d'une pétition "France ressaisis toi" qui a recueilli 120.000 signatures. "Ceux qui sont là sont ceux qui peuvent tenir les digues", a-t-il estimé.

"La participation ne pouvait de toute façon qu'être insuffisante face à la gravité de la situation", a nuancé le président de la LDH, Pierre Tartakowsky. Selon lui, "le poison raciste a pénétré la société (...) Le racisme est aujourd'hui très désinhibé, il faut être plus courageux pour manifester contre le racisme aujourd'hui qu'il y a trente ans".

Le 30/11/2013