CH Morez

Santé. C’est l’impression que l’on peut avoir à la lecture d’un rapport que nous nous sommes procuré. Pour le Jura, il préconise la fermeture des services de soins de suite et de réadaptation des hôpitaux d’Orgelet, de Morez. Ainsi que le regroupement de ceux d’Arbois et de Poligny, voire de Salins-les-Bains.

Le docteur Jean-François Paqueriaud ne comprend pas. Responsable de l’unité de soins de suite et de réadaptation (SSR) à l’hôpital d’Orgelet, il a ouvert ce service en 2010. « Cette création était une volonté de l’Agence régionale d’hospitalisation, devenue depuis Agence régionale de santé (ARS) ». Le médecin a d’autant plus de mal à décrypter cet accès de schizophrénie administrative qu’il « a fallu dépenser beaucoup d’énergie et d’argent pour monter ce service ». Le rapport sur la réorganisation régionale des SSR, issu d’une lettre de mission signée par la directrice de l’ARS, Sylvie Mansion, a été commandé au directeur et à un médecin d’un centre de rééducation fonctionnelle privé d’Héricourt (Haute-Saône). Il préconise, entre autres, pour le Jura, la fermeture pure et simple des SSR d’Orgelet et de Morez. Le regroupement de ceux d’Arbois et de Poligny. Avec la fermeture d’un site, vraisemblablement Poligny. Une variante prévoit de regrouper Arbois, Poligny et Salins.

« Les rapporteurs ont notamment pris en compte la taille des services, leur taux d’occupation et la durée moyenne des séjours. À Orgelet, notre durée moyenne de séjour est bonne et nous sommes pratiquement toujours complets. De plus, les patients viennent presque tous des proches environs de la commune. Finalement, on nous reproche essentiellement de n’avoir que vingt lits alors que le ‘’bon format’’ estimé devrait être de trente lits. Mais que l’on m’en donne dix de plus, je les remplirais ! Nous avons une liste d’attente ». Il manquerait aussi un médecin à Orgelet (ils sont deux au lieu de trois). « Mais il en manque partout, y compris à Lons », souligne Jean-François Paqueriaud. « De plus, nous avons deux mi-temps pour la kiné et l’ergothérapie ».

La réponse de l’ARS (dont nous n’avons pas pu joindre la directrice par téléphone en fin de semaine) semble être : « Pas de panique, ce n’est qu’un rapport d’étape dans la réflexion ». Il n’engagerait en rien ses décisions à venir. Mais l’inquiétude, chez les professionnels, est bien réelle. Le discours récemment tenu par Sylvie Mansion dans un périodique local semble aller dans le sens du document commandé aux opérateurs privés. Entre autres joyeusetés, ce dernier préconise également pour le Doubs la fermeture de Mouthe, de la clinique Saint-Pierre à Pontarlier, la fermeture ou la reconversion d’Ornans, ou encore une fusion de Quingey et Bregille

Par Jean-François Butet le 07/12/2013

Le Progrès