Conseil régional de Franche-Comté

Il était inévitable que les 37,6 millions d’euros de recours à l’emprunt décidés par Marie-Guite Dufay dans son budget primitif 2014 fassent débat. Car si la capacité de désendettement du Conseil régional de Franche-Comté est encore de moins de cinq ans, performance plus qu’honorable comparée à d’autres collectivités territoriales, beaucoup dans les oppositions y ont vu un « mauvais signal » à l’heure où, selon eux, mieux vaudrait « réduire les dépenses ». Et pas seulement celles du budget de la communication, mises en avant par la présidente qui a choisi de limiter la périodicité de sa publication « Franche-Comté Mag » pour en raboter 20 % du coût. Effort qui ne joue, dixit l’UMP, « qu’à la marge ».

C’est donc à une bataille de chiffres que tous se sont adonnés. Avec, dans le rôle de l’analyste critique, Sylvie Vermeillet (DVD).

L’élue du Jura a contesté le niveau du stock de la dette que Marie-Guite Dufay avait chiffré à 195 ME, en se félicitant de sa baisse puisqu’il était auparavant de 200 ME. « Ce chiffre correspond à la situation arrêtée fin 2013 et n’intègre pas les 37,6 ME de nouveaux emprunts de 2014, en hausse de 6,1 ME par rapport à l’exercice précédent », a-t-elle protesté.

La présidente a répliqué qu’il ne s’agissait là que d’une autorisation de recours à l’emprunt mais que rien n’indiquait que la totalité de cette somme serait finalement nécessaire et utilisée. Si tel était le cas, il s’agirait bel et bien d’un « artifice comptable » destiné à présenter un budget de 511,2 ME en équilibre dans un contexte de baisse des dotations, a commenté la maire de Cernans. En faisant remarquer que la « péréquation » nationale dont se félicite Marie-Guite Dufay, qui apportera 3,5 ME de plus dans les caisses, provenait de la solidarité d’autres régions plus riches et non de l’État lui-même.

Les futures décisions modificatives trancheront la polémique. Afin d’y voir « plus clair », le Front National a choisi d’examiner ces données sur une séquence longue. Sophie Montel a mis en parallèle les budgets primitifs de 2011 et 2014 pour démontrer leur « absence de maîtrise » par l’exécutif. En matière de politique de l’emploi, Sophie Montel s’en est également pris à l’exécutif qui se réjouissait, par sa participation à l’élaboration de la carte des formations, de pouvoir mieux mettre en adéquation les offres et les demandes. Comportement « schizophrénique », a-t-elle jugé en accusant le PS et ses alliés de défendre paradoxalement « une Europe qui contribue à détruire les emplois avec le recours aux travailleurs détachés ». Que les prochaines échéances électorales surgissent dans le débat, les municipales d’abord, puis les européennes, n’était pas une surprise. Mais l’ambiance de l’assemblée en a parfois été dégradée.

Ainsi a-t-on vu Stéphane Kroemer, président du groupe UMP-UDI-DVD, jeter au sol des papiers que Denis Sommer, vice-président PS, venait de lui apporter pour lui permettre « d’être plus malin la prochaine fois ». Denis Sommer dont Sylvie Vermeillet a par ailleurs estimé qu’il n’essaimait plus les crédits mais qu’il les émiettait. « Il disperse, il ventile », a-t-elle résumé.

Le Tonton flingueur socialiste avait trouvé sa Tata flingueuse.

Le 12/12/2013

Le Progrès