Léon Gambetta

Tribune libre de Gauthier Bouchet, secrétaire départemental du FN Jeunesse (FNJ) de Loire-Atlantique du 01/12/2013

En préalable à l’organisation, mercredi, d’un meeting du Parti socialiste (PS) « contre les extrémismes », visant en fait explicitement le Front National – vu comme l’ « extrême droite », et pas, par exemple, l’authentique extrême gauche – la diffusion d’un clip de cinq minutes annonçant cette manifestation aura donné le ton.

Si l’on passe sur le fait que la gauche contemporaine a une bien piètre idée de la mission politique qu’elle se donne, troquant sa vision séculaire de la question sociale pour des lubies sociétales qui n’intéressent qu’elle et pas le peuple – mariage homosexuel, discrimination positive, éco-socialisme, droit de vote pour les étrangers, etc. – on remarquera aussi que cette gauche hésite avec sa propre histoire. Et voici que la rose socialiste, en plus de réserver bien des épines pour les travailleurs français, perd les pétales :

  • Dans ce clip, la Commune de Paris (1871) est notamment présentée sous les traits du tableau d’Eugène Delacroix La Liberté guidant le peuple, bien antérieur puisque réalisé… en 1830, conséquemment aux événements politiques de cette même année (Trois glorieuses).
  • Léon Gambetta, ministre de l’Intérieur sous la Défense nationale, est implicitement présenté comme l’un des acteurs de la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905. Or, il est mort… en 1881.
  • La présentation de Gambetta comme constamment favorable à la séparation des Églises et de l’État et, de toute façon, biaisée dans la mesure où celui-ci, tout en s’étant initialement prononcé pour cette séparation lors de son « programme de Belleville » (programme législatif de 1869), s’est ensuite écarté de cette position initiale. Avec les années, le radical Gambetta (qui n’était donc pas socialiste) s’est en effet assagi. Au seuil de son « Grand ministère », qui est l’apogée de sa carrière politique, malgré ses déclarations antérieures (« Le cléricalisme, voilà l’ennemi ! »), il ménage le clergé, par peur de perdre le contrôle d’une Église encore puissante dans la société française.

Ces quelques erreurs – ou cette malhonnêteté volontaire ? – sont la marque permanente d’une gauche fâchée avec l’Histoire de France. C’est sans parler d’une gauche amnésique de sa propre histoire ; un « socialisme » français contemporain prompt à se poser en garant de la République. Dans un autre domaine, ce même socialisme est pourtant oublieux du fait que le premier président de gauche, François Mitterrand, fut décoré de la Francisque par le maréchal Pétain sous l’Occupation.