Aslanova

La femme qui s'est fait exploser à Volgograd dimanche serait Oksana Aslanova, une "veuve noire" de 26 ans, mariée deux fois à des rebelles islamistes et amie avec avec une autre kamikaze qui a tué six personnes en octobre.

Sa tête a été retrouvée sur les lieux de l'attentat qui a fait 17 morts dimanche. D'après les premiers éléments de l'enquête, il s'agirait d'une femme kamikaze qui s'est fait exploser dans une gare de Volgograd, près du Caucase. Dans les colonnes des journaux, un nom revient : Oksana Aslanova.  Mais elle n'aurait pas agi seule. Pour les enquêteurs, la kamikaze a été assistée d'un complice identifié pour l'heure uniquement par son nom de famille, Pavlov. Ce terroriste aurait dissimulé les explosifs dans un sac à dos, selon une source policière citée par l'agence russe Interfax.

Mais qui est cette femme qui a sacrifié sa vie ? D'après plusieurs médias, elle serait née en 1987 au Turkménistan, avant de déménager pour la République du DaguestanElle aurait été mariée deux fois à des rebelles islamistes tués par les forces russes. Ces éléments laissent penser qu'elle appartient bien aux "Veuves noires", surnom donné aux femmes qui deviennent kamikazes à la suite de la mort de leur mari au combat. 
 
Recherchée depuis juin 2012, Oksana Aslanova était amie avec une autre kamikaze qui avait tué six personnes à Volgograd en octobre en se faisant exploser dans un autobus rempli d'étudiants, écrit le site internet Lifenews.ru. 
 
La Tchétchénie et ses  "veuves noires"

Depuis le début des années 2000, la Russie a été frappée par une série de sanglants attentats, plusieurs d'entre eux ayant été commis par des femmes kamikazes, armes privilégiées de la rébellion islamiste. Le premier attentat marquant re 130 personnes meurenmonte à 2002, lors de la prise d'otages du théâtre de la Doubrovka à Moscou. A l'époque, Vladimir Poutine, alors Premier ministre, ordonne l'assaut.  Parmi les victimes, 19 femmes d'un commando suicide qui portaient le voile et des ceintures d'explosifs à la taille. La Russie découvre avec effroi le phénomène des "veuves noires". 

Ces attentats trouvent leur racine en Tchétchénie, en 1999, quand les troupes russes entrent dans cette République du Caucase qui avait proclamé son indépendance au début des années 1990. Les rebelles islamistes se servent de la misère et de la détresse des femmes, qui ont perdu leur mari tué par les forces russes, pour les recruter dans les commandos suicides. Pour les convaincre, on leur promet une vengeance par le sang. Traumatisées par les violences de la guerre et fragilisées par la perte de leurs proches, elles rejoignent ces mouvements islamistes.
 
Malgré la fin de la guerre, des groupuscules de combattants séparatistes liés aux réseaux islamistes continuent de sévir et d'enrôler des veuves noires. Une femme a ainsi perpétré le double attentat suicide en mars 2010 dans le métro de Moscou qui a fait 40 morts.

Par Caroline Piquet avec