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Par Bruno Lemaire, professeur émérite HEC, conseiller économique de Marine Le Pen le 03/01/2014

Q. C’est quoi, la richesse d’une nation ?

Dit simplement, et si on se limite uniquement au côté économique, la richesse effective correspond à ce qui est produit par un pays ou une nation donnée, la richesse potentielle, elle, étant ce qui peut être produit, mais qui ne l’est pas toujours. Adam Smith, l’un des pères de la pensée économique moderne, avait d’ailleurs intitulé l’un de ses ouvrages « la richesse des nations ».

Q. Je suppose qu’il y a des nations plus ou moins riches, et que cette richesse peut varier dans le temps.

Vous avez raison, la richesse d’une nation – de la même façon que pour un individu donné – est toujours relative.

Q. Pouvez-vous préciser ?

Cette richesse peut d’abord s’évaluer par rapport à une situation antérieure – s’il y a croissance, pour une population donnée, on dit que la nation s’enrichit. Si la production stagne, comme pour la France entre 2008 et 2012, cette richesse relative est restée constante. On peut même dire qu’elle a diminué puisque la population de la France croit d’environ 0.5 % par an. Plus précisément, sur ces cinq dernières années la production de richesses par habitant a diminué en France d’un demi pour cent par an, c’est-à-dire de près de 3 % en 5 ans.

Q. Peut-on en conclure que la France est devenue pauvre ?

Non, mais on peut dire qu’elle s’est appauvrie économiquement, surtout relativement à des pays comme la Chine, dont le taux de croissance annuel est de l’ordre de 7 à 8 %, pour une population à peu près stable, ou comme le Brésil, même si, dans ce cas, la démographie galopante du Brésil compense pour une bonne part sa croissance économique. On peut noter aussi que le ‘gap’ entre richesse réelle et richesse potentielle a beaucoup augmenté en France, vu la dégradation de l’emploi et le nombre d’entreprises qui ont fermé ces dernières années, très loin de compenser le nombre d’entreprises qui se sont créées.

Q. Y a-t-il d’autres critères de richesse, ou de pauvreté ?

D’un point de vue social, la répartition individuelle des richesses produites serait aussi un bon indicateur. Ainsi, certaines études montrent que la répartition de la richesse est moins « équitable » qu’il y a 30 ou 40 ans – depuis la fin des « Trente Glorieuses ». Il y a moins de riches qu’avant, plus de pauvres, et les riches sont proportionnellement plus riches, les pauvres sont de plus en plus pauvres, même parmi les personnes qui ont un emploi. On parle ainsi de plus de 8 millions de travailleurs pauvres en France.

Si l’on reste au niveau global, à celui d’une nation, on peut aussi dire qu’une nation s’enrichit si elle produit plus qu’elle ne consomme, que ce soit au niveau de la consommation privée – la consommation dite des « ménages » – ou la consommation publique, celle des administrations.
C’est malheureusement loin d’être le cas en France.

Q. Je veux bien le croire, hélas, mais quels sont les faits qui vous permettent d’affirmer cela ?

Deux indicateurs très simples le montrent, celui de la balance commerciale (biens et services confondus) et celui du déficit public.

Q. C’est-à-dire…

Si la balance commerciale est en déficit – c’est le cas en France depuis 2003 – cela signifie, en fait, qu’on achète plus à l’étranger qu’on ne lui vend, ou encore que les importations vers la France sont plus importantes que les exportations partant de France.

En ce qui concerne le budget public, Etat, plus collectivités locales plus Sécurité Sociale, la France dépense chaque année de l’ordre de 8 % de plus que ses recettes.

Q. 8 % ? Vous n’exagérez pas ? Je croyais que ce n’était « que 4 % » ?

En fait, le déficit est bien de 4 % du PIIB, mais puisque les recettes de l’Etat – dont 90 % correspond à des taxes, impôts divers ou autres prélèvements obligatoires -représentent de l’ordre de 52 % du PIB, alors que ses dépenses, toutes administrations confondues, sont de l’ordre de 56 %, on a bien près de 8 % de déficit relatif.

Q. Effectivement, 4 % sur 52 %, ce n’est pas très loin de 8 %. Mais, après tout, est-ce si grave d’être en déficit ?

Oui et non. Si ce déficit était passager, cela ne serait pas très important. Mais comme ce déficit est récurent depuis près de 40 ans, le total de ces déficits correspond maintenant, à quelques dizaines de milliards près, à l’ensemble de la production française. Ainsi, fin 2013, la dette publique avoisinera 1950 milliards d’euros, pour un PIB dépassant de peu 2000 milliards.

Q. Je suppose que s’il y a des dettes, c’est aussi parce qu’il y a des créanciers…

Oui, c’est du simple bon sens ‘comptable’. L’économie moderne est en grande partie une économie de crédit, crédit qu’il faut, en principe rembourser, et donc avoir les moyens pour le faire. Cela pourrait avoir un sens si notre économie était en croissance, puisque les investissements permis par ces crédits, ou financés à crédit, permettraient de dégager des productions supplémentaires, et donc une possibilité de remboursement.

Q. Et ce n’est pas le cas ?

Lorsque vous avez une croissance de 0 à 0.5 %, il est impossible de rembourser, sans s’appauvrir, des emprunts dont le taux d’intérêt dépasse ce seuil. Certes la BCE prête actuellement aux banques – mais pas aux Etats – à un taux très faible, à peine supérieur à ce taux de croissance, ou de non croissance.

Q. C’est plutôt bien, de la part de la BCE, non ?

Ce serait bien si la BCE, la Banque Centrale Européenne, prêtait aux Etats, mais ce n’est pas le cas.

Le taux auquel emprunte l’Etat est plus proche de 2 %, ce qui signifie qu’il s’appauvrit nécessairement. Et cet appauvrissement se fait au bénéfice des marchés financiers, les dettes publiques françaises étant ainsi détenues au 2/3 par des « non-résidents », des « étrangers » pour faire court, ainsi qu’au bénéfice des banques, qui empruntent à taux très faible pour re-prêter 4 fois plus cher à l’Etat, et bien plus cher encore aux industriels qui voudraient des crédits pour financer leur développement.

Q. Et ne parlons même pas des taux des crédits à la consommation, qui varient entre 6 et 17 %.

Effectivement, pour un « consommateur moyen » ces taux astronomiques, et pourtant fort courants, rendent quasiment impossible un remboursement dans de bonnes conditions, puisque même si, en tant que salarié, vous pouvez avoir le privilège d’avoir une augmentation annuelle de 2 ou 3 %, un emprunt dans de telles conditions va évidemment vous appauvrir durablement, voire vous conduire en état de surendettement.

Q. Si je comprends bien, il vaudrait mieux ne pas s’endetter, ou s’endetter à un taux d’intérêt proche du taux de croissance ? Mais si vous ne pouvez rembourser, pourquoi s’endetter, et, du point de vue des créanciers, pourquoi prêter. Cela semble illogique…

Oublions pour le moment, si vous le voulez bien, cette question de dettes et de crédit. De fait, si nous revenons aux bases, ou aux fondamentaux, de l’économie, ce qui importe, ou devrait importer, ce sont les ressources que l’on peut utiliser pour produire tel ou tel bien ou tel service. Ces ressources, ce sont soit des ressources naturelles, ou tirées de la nature, ressources fossiles, énergétiques ou non, parfois « non épuisables » (dites renouvelables) comme l’énergie éolienne, hydraulique, solaire, le plus souvent non renouvelables. Appelons cela le facteur physique.

Q. Je suppose qu’il y a aussi le facteur humain ?

Tout à fait. Le travail de l’homme, enrichi par des siècles de découvertes et d’approfondissement de technologies, va compléter ce facteur physique. C’est la combinaison des ressources tirées de la nature et de l’expertise humaine qui est le fondement même de la richesse d’une nation.

Q. Je ne comprends pas pourquoi, alors, il peut y avoir une stagnation de la production de richesses, voire une diminution. L’expertise des hommes ne fait que progresser. Serions-nous en panne de ressources naturelles ? Devrions-nous nous résoudre à la décroissance, comme certains écologistes l’affirment ?

L’épuisement de certaines ressources naturelles est une réalité mais, pour le moment, ce n’est pas la raison principale de la stagnation de l’économie européenne, et plus précisément celle de la France.

Q. Et quelle serait cette raison ?

En fait, il y a 2 façons d’aborder cette raison. On peut dire que la France ne produit pas assez, c’est-à-dire n’utilise pas assez ses ressources propres pour sa propre consommation interne ; plutôt que de produire davantage, ce qui lui permettrait d’exporter davantage et d’importer moins.

On peut aussi dire qu’elle importe trop, parce que ce qu’elle pourrait produire ne trouve pas d’acheteurs, en France ou à l’étranger, parce que c’est trop cher.

Mais ce que l’on peut affirmer, en tout cas, ce n’est pas parce que ses capacités de production sont insuffisantes. Bien au contraire, elles sont sous-utilisées, tant au niveau de ses machines que de ses ‘travailleurs’, vu le niveau de sous-emploi actuel, officiellement de 11 %, sans doute bien plus près de 17 % si l’on compte les travailleurs à temps partiel. Nous retrouvons ici cette différence entre richesse (économique) réelle, et richesse potentielle.

Q. Les Français auraient-ils perdu le sens du travail, comme certains l’insinuent ?

Je ne crois pas, ou, du moins, ceci est marginal, la grande majorité des trop nombreux chômeurs souhaiteraient évidemment travailler, même si certaines allocations sont distribuées en dépit du bon sens, en rendant peu incitatif le retour au travail de certains chômeurs.

En fait, il y a plusieurs causes à ces capacités de production inutilisées, dont les deux principales sont intiment liées, c’est la baisse du pouvoir d’achat de nos compatriotes, et c’est aussi le fait qu’il est à la fois plus rentable – au moins à court terme – de produire à l’étranger et d’importer cette production de l’extérieur.

Q. Tout en sachant que s’il n’y a plus d’emplois en France, on ne pourra même plus acheter des produits étrangers, quelqu’en soit le prix…

Oui, nos armées de chômeurs français finiront par ne plus pouvoir acheter des produits fabriqués ailleurs par des myriades d’esclaves. C’est d’ailleurs en partie à cela que servent les crédits et les dettes qui vont être de plus en plus difficiles à rembourser.

Q. C’est donc un cercle infernal…

Effectivement, nous perdons de plus en plus nos capacités de production, et donc aussi notre pouvoir d’achat intrinsèque, même si ce pouvoir d’achat est fictivement soutenu par le crédit faisant croire que notre pouvoir d’achat est maintenu, alors qu’il ne repose que sur … ce crédit, et donc sur la bonne ou mauvaise volonté des banquiers et autres financiers.

En dehors même de la dette publique, sur laquelle nous ne nous étendrons pas ici, il suffit de constater que les dettes françaises « marchandes » s’accroissent de 60 à 70 milliards chaque année, puisque cela correspond à notre déficit commercial.

Q. Si je comprends bien, nos créanciers financent nos achats, mais ils finiront bien par s’apercevoir que nous ne pourrons jamais rembourser…

Ce ne sont pas nécessairement les mêmes entreprises qui vendent et qui financent. Ainsi, si nous prenons le cas de nos échanges avec l’Allemagne, les 20 ou 30 milliards d’euros de notre déficit avec les entreprises allemandes – ou plus exactement exportant de l’Allemagne vers la France – vont être financés par des organisations financières ou bancaires, pas nécessairement allemandes, qui vont prendre des créances sur les entreprises ou les ménages français, ou plus exactement « résidant en France ».

Ce mécanisme n’est pas nouveau, mais il a pris une ampleur telle qu’on sait déjà que cela ne peut finir que très mal, un peu comme dans « Alice au pays des merveilles », histoire dans laquelle il faut courir de plus en plus vite pour rester sur place …

Q. C’est-à-dire, ici, s’endetter toujours davantage pour conserver apparemment le même pouvoir d’achat… Ne parlons même pas de croissance !

C’est tout à fait cela.

Q. Mais que peut-on faire pour « inverser cette tendance », si nous reprenons les termes de François Hollande ?

Dans le contexte actuel, pas grand-chose. C’est tout le système qu’il faut changer, mais cela se résume à un seul objectif : faire en sorte que nos capacités de production soient mieux utilisées, en diminuant la différence entre richesse potentielle et richesse réelle, et pour cela jouer à la fois sur la production et sur la consommation.

Q. Ce que les économistes appellent Offre et Demande ?

Effectivement. Mais pour faire en sorte que la demande soit relancée, il faut deux conditions : qu’il y ait davantage de produits ou de services fabriqués ou offerts en France, et que la demande solvable – le pouvoir d’achat – soit suffisant.

Q. En fait, il faudrait que les produits et services français soient attractifs, aux prix proposés. Et comment comptez-vous procéder ?

Tout d’abord, il faut limiter l’endettement extérieur et, pour cela, ne pas laisser les banques et la BCE dicter leurs conditions de crédit. Si des entreprises localisées en France veulent se développer, il faut qu’elles puissent trouver un financement compatible avec leurs projets.

Q. Hum, c’est déjà le cas, non ?

Il s’en faut de beaucoup. Tout d’abord les crédits classiques que de telles entreprises – surtout les plus petites d’entre elles – peuvent trouver auprès des banques ou des marchés financiers sont souvent très onéreux – par le taux pratiqué – ou très longs à obtenir.

Mais l’on peut aussi imaginer une autre solution, celle de prêts à long terme sans intérêt, dès lors que le projet d’investissement correspond aux deux critères précités, améliorer à la fois les conditions de l’Offre et de la Demande.

Q. Vous auriez un exemple ?

Je vais en prendre deux, très concrets, l’un dans le domaine des infrastructures, l’autre dans celui du secteur médical.

Imaginons qu’il soit considéré qu’il est d’intérêt public de construire une ligne TGV entre Nîmes et Perpignan, exemple réel débattu depuis près de 25 ans en Languedoc Roussillon. Pour financer ces 220 km de voie nouvelle, supposons qu’il faille 22 milliards – euros ou francs nouveaux – soit environ 100 millions du km, sur un chantier qui pourrait durer 5 ans, à raison de 4.5 milliards par an.

Qu’est-ce qui empêche la Banque de France de créer ces 4.5 milliards nouveaux, en portant en garantie, en ‘actifs’, la portion de voie ferrée en construction ?

Q. Heu, je suppose que ce n’est pas permis par les traités européens, Maastricht ou Lisbonne ?

Effectivement. La seule chose qui serait permise, dans le contexte actuel, serait de s’endetter auprès des marchés financiers. Ainsi, pour le même résultat, une voie ferrée nouvelle, dans le premier cas, il n’y aurait pas d’intérêt à payer aux banques ou aux marchés financiers, dans le second cas, les « créanciers » privés s’enrichiraient aux dépens de l’intérêt public. On voit bien ici qu’avec une souveraineté monétaire retrouvée, non seulement on pourrait financer des grands travaux – dès lors qu’ils seraient jugés utiles – mais en faisant cela on distribuerait aussi du pouvoir d’achat permettant à des milliers de chômeurs de vivre de leur travail, et non d’allocations financées souvent par un endettement public supplémentaire.

En ce qui concerne le deuxième cas, celui du secteur médical, prenons l’exemple de la société qui vient de mettre au point un cœur artificiel. Là encore, au lieu d’aller faire la tournée de créanciers ou d’investisseurs potentiels, pourquoi ne pas imaginer qu’une simple création monétaire, avec éventuellement prise d’intérêt de l’Etat, dans un partenariat Privé-Public, ne puisses pas apporter le financement nécessaire.

Sans cela, les financiers risquent d’être américains ou asiatiques, et l’on risque fort de retrouver cette fantastique innovation fabriquée en Asie dans quelques années.
Mais, bien entendu, tout cela est impossible dans le contexte européen actuel …

Q. Et en dehors de ces possibilités de financement par création monétaire ‘raisonnée’ et taux réduits, voire sans intérêt, comment pensez-vous rendre plus attractifs les produits de fabrication française ?

En rééquilibrant « les termes de l’échange » …

Q. Ce qui veut dire ?

Ce terme un peu barbare signifie qu’il faut rendre relativement plus chers les produits importés, ou moins attractifs, et moins chers et plus attractifs les produits locaux, en ayant pour objectif de réduire le solde commercial extérieur à zéro, au lieu des 65 à 70 milliards actuels.

Q. C’est bien beau, mais si c’est si simple, pourquoi ne l’a-t-on pas déjà fait ?

Je ne dis pas que c’est simple. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que c’est impossible à faire dans le contexte actuel, puisque cet objectif ne peut s’inscrire que dans le contexte d’un protectionnisme raisonné, ce qui est formellement interdit par les traités européens et par l’OMC (Organisation Mondiale du commerce).

Q. Et en supposant que ces traités soient changés, que faudrait-il faire ?

Nous avons déjà esquissé quelques pistes, dont celle de la relance du pouvoir d’achat, favorisant une recrudescence de la consommation et de la production associée. Mais deux mesures semblent essentielles pour atteindre cet objectif de rééquilibrage extérieur et de croissance retrouvée.
La première mesure, c’est d’avoir une nouvelle monnaie nationale, rendant les importations 10 % plus chères qu’actuellement, et les exportations 10 % moins chères, ce qui dissuadera un certain nombre de consommateurs ou d’entreprises de se fournit à l’étranger plutôt que localement.

Q. Mais que se passerait- il pour des produits non disponibles en France, comme les ressources fossiles ?

On évalue à 70 milliards d’euros ce type de ressources, ce qui correspond grosso modo à notre déficit extérieur. Cela aurait donc un coût de 7 milliards, pour une consommation égale, qui pourrait éventuellement diminuer à terme en relançant d’autres sources d’énergie, nucléaire de 4ème génération, énergie éolienne, marée motrice, photovoltaïque, etc. Sur les 420 milliards d’autres importations, une centaine de milliards ne sont sans doute pas relocalisables rapidement, et la dépréciation éventuelle de notre monnaie coûterait donc encore une dizaine de milliards.

Mais, en ce qui concerne les autres 320 milliards de produits importés, il paraît raisonnable d’imaginer qu’on puisse globalement y substituer des produits locaux « relocalisés » pour des prix comparables, d’autant plus que l’on peut aussi utiliser – deuxième mesure – des « droits d’import-export » du type des « droits carbone » ou des « droits à pollution » déjà mis au point dans d’autres contextes. Cette substitution éventuelle n’aurait donc pas d’effet sur le pouvoir d’achat de nos compatriotes.

Par ailleurs, le fait que nos exportations, devenues moins coûteuses, pourraient croître de quelques % – certains experts parlent, en valeur, de 3 à 4 %, pour une dépréciation de 10 % de l’euro français par rapport au niveau actuel de l’euro – achèverait de « rééquilibrer les échanges », c’est-à-dire de réduire notre déficit à zéro, rééquilibrage totalement impossible dans le contexte actuel.

Q. Si je comprends bien, protectionnisme raisonné et renaissance de notre monnaie nationale ne coûteraient pas les centaines de milliards annoncés par les ‘experts’ du système…

10 % sur les importations incompressibles, cela fait 17 milliards, pas les 200 ou 300 milliards annoncés par les experts de l’UMP ou du PS. Ces 17 milliards seraient presque entièrement couverts par une relance des exportations, qui passeraient de 420 ou 430 milliards actuels à 440 milliards, les importations se réduisant dans le même temps à un niveau équivalent. Et nos dettes extérieures seraient, par là-même réduites à néant, et notre soumission aux marchés financiers deviendrait presque négligeable.

Q. On comprend que cette solution ne soit pas bien vue par la « haute finance »…

C’est effectivement le mot de la fin…

Note : les questions ne sont pas de Nations Presse Info

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