Carte Saint-Vit (Doubs)

Le maire sortant Pascal Routhier, dont le cœur bat toujours pour l’UMP bien qu’il n’en ait plus la carte, en lice pour un troisième mandat, la gauche carrément absente du scrutin, le FN en passe de boucler sa liste avec, à sa tête, Robert Sennerich, conseiller régional et demeurant dans la commune. Ainsi vont les choses à Saint-Vit, 4.763 habitants exactement, seule commune de cette taille où est en lice le FN lorgnant désormais sur ces gros bourgs centres à zones pavillonnaires où l’on est censé craindre la délinquance et protéger son bien. « Je ne sais pas expliquer pourquoi il n’y a pas de liste d’opposition. Les projets proposés ont dû être conformes à ce que l’opposition souhaitait. C’est l’entente cordiale ici », souligne, avec une sorte de ravissement, Pascal Routhier qui fut suppléant de la députée UMP Françoise Branget.

Élu pour la première fois en 2001, succédant alors à Guy Picard, réélu au premier tour en 2008 avec 66 % de voix, ce dernier s’avouerait presque serein : « Mais je suis comme chaque maire de France, inquiet face aux financements publics gelés. Nos charges augmentent, on est forcé de jongler avec la fiscalité ».

En pareil contexte, Pascal Routhier vante sa gestion dynamique alors que Robert Sennerich pointe le gros taux d’endettement de la commune : « Saint-Vit a de gros problèmes de gestion financière. Deux terrains de foot, un troisième en construction, un gymnase bien que le collège ait le sien, Va-t-on avoir autant d’équipements sportifs qu’à Besançon. Les taxes foncières et d’habitation sont aussi très élevées ».

Pour Pascal Routhier, le seuil d’endettement critique de six ans n’est pas atteint : « On est endetté sur cinq ans et demi. On a utilisé l’emprunt pour développer le commerce, la réforme de la taxe professionnelle a modifié notre gestion. Depuis 2010, on n’utilise plus l’emprunt pour investir ».

Rejoindre l’agglo

Avec ses grandes surfaces, sa base Système U sur la zone de la Foulottière qui distribue plus de 35.000 références dans les U de l’est de la France, son collège, ses multiples associations, son club échangiste qui attire bien au-delà de Franche-Comté, sa position routière sur l’axe Besançon-Dole-Dijon, Saint-Vit s’offre comme un gros chef-lieu de canton. « La zone d’activités avait été développée par Guy Picard. Il y a eu changement de génération. J’ai été élu avec une équipe rajeunie, la parité a été bénéfique, on a accentué les services aux familles, le social, la culture, le sport », précise Pascal Routhier.

Président de la Communauté de communes du Val Saint-Vitois, celui-ci perçoit comme inéluctable l’entrée dans l’agglomération de Besançon : « Des études ont été réalisées pour en voir l’intérêt. Le seuil des communautés de communes actuellement de 5.000 habitants va être relevé. Je sais que les gens craignent une explosion fiscale. Une ville centre est fer de lance du développement dans un territoire mais a des dépenses de centralité pour des équipements, piscine, salle de spectacles, patinoire dont tout le monde profite ». Pascal Routhier le dit tranquillement : « Si un pôle aussi important que Saint-Vit rejoignait l’agglo, je serais, comme d’autres élus, partant pour un poste de vice-président ».

Aujourd’hui, Saint-Vit a surmonté et effacé le choc du fait divers survenu voilà douze ans : deux adolescentes avaient tailladé, blessé et tenté de donner la mort à l’une de leurs copines inséparables. Le procès d’assises a eu lieu, la victime devenue maman vit toujours dans la commune. Ces mois passés, la délinquance a enflé à Saint-Vit, le FN le répète à l’envi. « On est sur un axe de circulation permettant aux cambrioleurs de ratisser et d’évacuer par la route. On a même eu des voitures brûlées comme dans les villes. On a lancé une étude sur l’implantation de caméras de vidéosurveillance », indique Pascal Routhier.

Le FN avait engrangé 20 % des voix à la présidentielle 2012 et 13,88 % aux législatives.

Par Yves Andrikian le 22/01/2014