Martin Edouard 1 PS

Réunis à Paris, les socialistes ont ovationné le tandem formé par l'ancien syndicaliste et le président de Parlement de Strasbourg, leurs têtes d'affiche pour les élections européennes. Le premier se présente dans l'Est, le second brigue la commission de Bruxelles.

Les socialistes ont trouvé leurs nouvelles stars: Édouard Martin et Martin Schulz. Samedi à la salle de la Mutualité à Paris, pour le lancement des campagnes municipales et européennesl'ancien syndicaliste de Florange et le président socialiste du Parlement européen à Strasbourg se sont attirés une standing ovation de la part de quelques centaines de secrétaires de section socialistes. Entre la gouaille de l'un et l'humour de l'autre, il n'en fallait pas plus pour emporter l'adhésion d'une salle pourtant plus divisée qu'il n'y paraissait.
Sous la surface, le tournant social-démocrate de François Hollande continue de faire débat entre l'aile gauche du PS et le reste du parti. D'une certaine façon, c'est ce clivage et la tentative de le dépasser au niveau européen qu'illustrait la présence conjointe sur scène d'Edouard Martin et de Martin Schulz. Un ancien syndicaliste donc, tête de liste aux européennes dans l'Est et convaincu de la nécessité de défendre l'industrie française et ses emplois par des mesures protectionnistes. Un président de Parlement européen, social-démocrate à l'allemande, plus porté sur la culture du compromis que sur celle de l'affrontement.
Pour l'heure, les socialistes ont décidé de taire leurs divergences

Il est vrai que depuis son combat à Florange contre Mittal, Édouard Martin a un peu édulcoré son discours. Samedi, il ne s'est pas étendu sur le fond, se contentant de quelques généralités sur «l'Europe qui protège». En revanche, Martin Schulz s'est montré plus précis. Entre deux blagues et deux considérations destinées à lui attirer les faveurs de la salle, sur le Smic européen par exemple, il a tout de même glissé qu'il ne voulait pas d'«une Europe qui complique la vie des entreprise», comme en écho au Pacte de responsabilité de François Hollande.

Aider les entreprises? «C'est vrai que c'est un vocabulaire qui se retrouve beaucoup chez les socialistes ces derniers temps», relevait un cadre de Solferino. Mais pour l'heure, les socialistes ont décidé de taire leurs divergences. Et de brandir en étendard pour les élections européennes Édouard Martin et Martin Schulz. D'ailleurs, «il n'y a pas tellement de différence entre eux. Aucun n'a parlé de baisser le coût de travail par exemple, assure Emmanuel Maurel, le leader de l'aile gauche du PS, avant de glisser dans un sourire: du moins, pas encore...» Les socialistes sont unis, mais les lignes rouges sont quand même tracées.

Par François-Xavier Bourmaud le 01/02/2014

Le Figaro