Gourlot FN

Le parti lepéniste va jeter toutes ses forces dans la bataille en Moselle, dont il fait un enjeu national. Dix listes sont d’ores et déjà bouclées.

«Historique ! » Côte à côte, Florian Philippot, n°2 du FN, et Thierry Gourlot, secrétaire de la Moselle, affichent un sourire carnassier qui en dit long. Expurgées les querelles fratricides ouvertes avec le parachutage mouvementé du premier en Moselle lors des législatives. Non seulement Philippot n’en retient que le score de 46,30 % alors obtenu sur la circonscription de Forbach, mais il a, depuis, rallié à lui l’ex-dissident local Eric Vilain. Et repart, cette fois, pour sortir Laurent Kalinowski (PS) de l’hôtel de ville.

De là à considérer l’affaire pliée, Philippot franchit le pas d’un cœur léger. « Le système est en mode panique, nous souhaitons qu’il se crashe pour insuffler une nouvelle direction et tirer un trait sur l’UMP-PS. Ça va turbuler au soir du 23 mars », exultait-il hier à Metz depuis le local du parti, en préambule à la présentation des têtes de liste investies sur le département.

Dix sont d’ores et déjà bouclées (villes de plus de 1 500 habitants) : Metz (tête de liste : Françoise Grolet), Thionville (Hervé Hoff), Montigny-lès-Metz (Aymeric Perraud), Forbach (Florian Philippot), Saint-Avold (Nathalie Pigeot), Hayange (Fabien Engelmann), Sarrebourg (Dominique Bilde), L’Hôpital (Jean-Claude Dreistadt), Créhange (Stanislas Czerwinski), Bousbach (Victor Robalo).

Autant de promesses de victoires pour un FN qui ne comptait aucune liste dans le même département en 2008. Par ailleurs, les villes de Sarreguemines, Amnéville, Marly, Vitry-sur-Orne, Dabo, Moyeuvre-Grande, Nilvange, où les équipes sont en cours de finalisation, laissent espérer jusqu’à 18 listes en Moselle. Soit davantage que dans les trois autres départements lorrains réunis.

« Pas question de petite soupe »

Dans les Vosges, Jordan Grosse-Crusciani (ex Nouveau-Centre), secrétaire départemental et collaborateur du groupe FN à la Région, portera les couleurs frontistes ou « marinistes » – au choix – à Thaon-les-Vosges. Pierre-Jean Robinot s’en chargera à Epinal. Ailleurs, les dames (parité oblige) font encore défaut. Mais le FN nourrit de solides espoirs sur Rambervillers, Plainfaing, Xonrupt-Longemer et Saint-Dié. Tout comme, en Meuse, sur Bar-le-Duc et Verdun. Le terrain semble plus difficile en Meurthe-et-Moselle. Jean-Luc Manoury, patron départemental et conseiller régional, défiera le maire sortant Henry Lemoine à Pont-à-Mousson. Pascal Bauche jouera sa carte sur Lunéville. En revanche, le scénario reste incertain sur Pompey, Saint-Nicolas-de-Port et Nancy.

Côté stratégie, le FN se réserve un examen au cas par cas avec « les autres candidats patriotes ». Les tractations seront intenses au soir du premier tour. « Mais pas question de petite soupe, les Français n’en veulent plus », tranche fermement Françoise Grolet. « De toute façon, sur Metz, l’UDI ne veut pas de nous. Et nous non plus ! », renchérit Thierry Gourlot, deuxième de liste. Sur ce point, la messe est dite. En principe.

Par Xavier Brouet le 02/02/2014