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Communiqué de presse de Gilles Lebreton, conseiller Enseignement supérieur de Marine Le Pen du 06/02/2014

Brisées par la loi LRU du 10 août 2007, voulue par Nicolas Sarkozy et maintenue par François Hollande, les universités françaises sont pour la plupart en proie à de graves difficultés financières. Comme si cela ne suffisait pas, la ministre de l’enseignement supérieur vient de publier, au Journal officiel du 1er février, un arrêté du 22 janvier 2014 qui les oblige à revoir leurs ambitions pédagogiques à la baisse.

Cet arrêté, « fixant le cadre national des formations », concrétise les menaces diffuses que la loi Fioraso du 22 juillet 2013 faisait planer sur le diplôme de licence. Son article 15 explicite en effet ce qu’est la « spécialisation progressive » de ce diplôme évoquée par cette loi, en exigeant que son organisation permette « à tout étudiant, en cours de cycle et au plus tard à la fin du semestre 4 (…) de modifier le choix de sa mention de licence » en gardant le bénéfice des matières acquises.

En clair : chaque université doit veiller à ce que les deux premières années de la licence soient suffisamment généralistes pour permettre une réorientation à leur issue. Ce que l’arrêté traduit dans son jargon technocratique en exigeant « un socle commun défini en termes de compétences suffisantes pour permettre ces réorientations ».

Un étudiant ayant suivi deux années de licence en droit devra par exemple pouvoir s’inscrire directement en troisième année d’économie (ou vice-versa). Cela contraindra des promotions entières de juristes à suivre des cours d’économie à la place de cours de droit, abaissant ainsi leur niveau en droit.

Accessoirement, les universités les plus innovantes devront renoncer à des licences spécialisées (et plébiscitées par les étudiants), comme par exemple la licence en « droit bilingue » complétant l’étude du droit français par l’étude (en anglais) du droit anglo-américain.

Pauvres étudiants, méprisés par un pouvoir qui veut abaisser toujours davantage leur niveau de formation (pour préparer la voie au triomphe d’un enseignement supérieur privé et payant ?) !

Et pauvres universités françaises, sommées de se transformer en super-lycées chargés de dissimuler l’échec de l’enseignement secondaire provoqué par un « pédagogisme » doctrinaire et borné !

La situation est grave, mais ce naufrage programmé n’obéit à aucune fatalité. Il est possible de l’empêcher en exigeant, avec le Rassemblement Bleu Marine, le rétablissement de licences de qualité suffisamment spécialisées pour garantir l’épanouissement intellectuel et l’insertion professionnelle des étudiants.