Mélenchon poing levé tribune

Communiqué de Christopher Szczurek du 07/02/2014
Porté par la complaisance certaine de la presse locale, Mélenchon était venu triomphant hier à l'audience du procès l'opposant à Marine Le Pen. Il en est ressorti en grande partie désavoué par sa propre procédure.
 
C'est par ailleurs l'occasion de rétablir la vérité sur cette fameuse question de stratégie basée sur le timing, mise au crédit du Front National alors qu'elle est très clairement le fait du Front de Gauche.
 
Tout d'abord, il est vrai que si le procès a plusieurs fois été renvoyé, il l'a en partie été parce que l'avocate de Jean-Luc MélenchonRaquel Garrido, l'avait demandé elle-même pour « convenances personnelles ». Si Wallerand de Saint-Just, l'avocat de Marine Le Pen a lui même formulé ce souhait, c'était principalement parce que le bon déroulement du procès et son équité l'exigeaient. C'est pourquoi, attendant la réponse à la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par Marine Le Pen ainsi que la communication de certaines pièces à son avocat dans un délai raisonnable, les renvois se sont nécessairement succédés.
 
La montre, c'est donc très clairement le Front de Gauche qui l'a jouée dès le début, en temporisant, en souhaitant absolument que le jugement soit délivré avant les municipales, et enfin parce qu'en choisissant la procédure de la citation directe au lieu d'une plainte avec constitution de partie civile, Mélenchon et ses avocats se sont engouffrés dans un mécanisme où le formalisme est particulièrement rigoureux et les renvois monnaie courante.
 
Sur le fond, l'argumentation est également très particulière : les plaignants parlent d'un tract anonyme délivré par Marine Le Pen, tout en soulignant qu'elle en assume l'initiative et que les propos cités dans le tract  et prêtés à Mélenchon ne sont pas inventés. Où est la logique dans cette argumentation ?
 
Quoi qu'il en soit, le TGI, en choisissant de délibérer après les élections municipales, a montré sa volonté de ne pas céder au chantage de Jean-Luc Mélenchon et de ne pas donner aux faits reprochés une portée qu'ils n'ont clairement pas. Il a en cela manifestement suivi les recommandations du Procureur de la République Jean-Pierre Roy, s'en remettant « à la sagesse du Tribunal »
 
Il reste dommage dans cette histoire que la Voix du Nord d'Hénin-Beaumont ait pris faits et causes pour Mélenchon, comme l'atteste l'interview publiée Jeudi matin et dans laquelle Pascal Wallart a fait mine de ne pas comprendre notre « stratégie ». Encore un pour lequel la date du délibéré a du provoquer quelques émois.
Mélenchon, venu hier avec des troupes hargneuses, sectaires et caricaturales, n'est donc pas près d'obtenir sur le plan judiciaire la revanche à sa double défaite électorale. L'absence des notables PCF, aux fortes allures de boycott, confirme que la défiance ne se trouve pas que chez les adversaires idéologiques de Mélenchon, mais même chez ses anciens partenaires.