Gendarmerie trafic

Sur les vingt ressortissants roumains jugés à partir de demain, l’un d’entre eux, âgé de 38 ans, serait responsable de quatre faits perpétrés dans le Pays de Montbéliard. Il aurait opéré, au travers d’un des quatre réseaux mis au jour par la Juridiction interrégionale spécialisée, une razzia sur plusieurs engins en l’espace d’une nuit en 2008.

Brigitte Mairot, PDG de l’entreprise de BTP Mairot à Mathay, se souvient de la nuit du 26 au 27 novembre, il y a six ans : « Nous exposions une chargeuse sur notre terrain. Estimée à 130.000 €, elle était destinée à la vente. Quand nous sommes arrivés le matin, il n’y avait plus rien. Et nous avons récupéré seulement 90.000 € de l’assurance », expose-t-elle. Le patron de la société Climent, installée à Voujeaucourt, garde le même souvenir amer de cette nuit-là : « A Étupes (à une dizaine de kilomètres de Voujeaucourt), nous aménagions des plateformes pour des entreprises qui s’installaient sur une zone industrielle. Quand nous sommes arrivés sur le chantier, vers 5 h 30, le 27 novembre, une de nos chargeuses-pelleteuses avait disparu. Nous avons été très étonnés. C’est la première et la seule fois où nous avons été confrontés à un tel vol. D’emblée, le réseau nous paraissait organisé. »

« Pour dérober un engin d’au moins quinze tonnes, il fallait une préméditation, des repérages », indique Christophe Climent qui s’est vu délester, la même nuit, de trois batteries d’engin sur un autre chantier à Fesches-le-Châtel : « Mais, ça, c’est plus courant. On s’en fait voler tous les jours ». Les travaux d’élargissement de l’A36 n’ont pas échappé à cette razzia. Sur le même secteur (à Étupes), un chariot-élévateur microscopique (80.000 €) manquait à l’appel le 27 novembre 2008 au matin : « Ils guettaient, c’est sûr. C’était le dernier jour. On venait d’arrêter notre contrat avec la société de surveillance », relève Michel Robert, chef de chantier d’Eurovia qui avait loué l’engin à une autre entreprise. Toutes ces sociétés ne seront pas représentées à l’audience :

« Tous les jours, on nous siphonne de l’essence, on nous vole du matériel. On dépose plainte et les auteurs obtiennent la relaxe. D’où un sentiment lassitude et de colère », commente Brigitte Mairot.

Par Aude Lambert le 09/02/2014

L'Est républicain