Ravier Marseille 2014

 

Le FN devrait se qualifier pour le second tour dans les huit secteurs. Faisant de Stéphane Ravier, son chef de file, l’arbitre du scrutin. “Discuter avec Gaudin, pourquoi pas ?”, dit-il.

« Papa n’est pas à la maison… » : ce sont Thomas et Fanny, ses deux enfants, qui ont enregistré le message téléphonique de Stéphane Ravier, la tête de liste du FN à Marseille« Une fois, un journaliste de gauche m’a appelé et il s’est excusé sur ma boîte vocale : il croyait s’être trompé. Pour lui, c’était impossible que je sois un papa “normal”. Il s’attendait sans doute à tomber sur des marches militaires ! Mais non : moi, le week-end, je vais au foot, je ne fais pas des ratonnades. L’extrême droite, c’est Hitler, l’antisémitisme, ce n’est pas moi. Je ne me sens pas du tout d’extrême droite. J’ai dû ramer, mais les Marseillais, aujourd’hui, ne se font plus avoir… »

Fils d’ouvrier, ce cadre chez Orange a grandi à la Maurelette, la cité des quartiers nord, théâtre du retentissant “lancer de chat” qui vient de mettre Internet en ébullition (et a valu à son auteur un an de prison ferme). « Autrefois, il faisait bon y vivredit-il. Mais j’ai vu changer ces quartiers avec ceux que certains appellent “une chance”. Les élus de droite comme de gauche utilisent le même terme pour cela : le “vivre-ensemble”. Mais ce vivre-ensemble, ils en vivent, ils ne le vivent pas. »

Déjà candidat en 2008, âgé de 44 ans, son profil policé et son enracinement en font le cauchemar de Gaudin. Lequel ne cesse de le répéter : « Voter FN, c’est voter pour la gauche. » Il y a six ans, un an après l’échec de Jean-Marie Le Pen à la présidentielle, aucune liste frontiste n’avait atteint la barre des 10 % permettant de se maintenir au second tour. Cette fois, le FN, crédité de 20 à 24 %, devrait se qualifier dans les huit secteurs et même, peut-être, remporter le 7e (XIIIe et XIVe arrondissements), détenu par le PS — où se présente Ravier« C’est donc nous qui pouvons faire battre la gauche », dit-il.

L’hypothèse d’un FN arbitre du jeu vaut à Gaudin d’être accusé par Mennucci de vouloir rééditer son “accord technique” avec le FN de 1986, alors qu’il était président de la région Paca. Celui-ci s’en défend, mais affirme « ne rien regretter » « Je n’ai pas à faire de mea-culpa à l’algérienne ; pas de repentance ! », confie-t-il.

Ravier, lui, ironise sur le « déni de réalité » de Gaudin« Il voit la ville comme un touriste des beaux quartiers. On a l’impression qu’il revient chaque semaine de Paris en bateau par le Vieux-Port ! Là, oui, c’est magnifique, mais ce n’est pas la réalité vécue par les Marseillais. » Et d’ajouter : « Nous ne sommes pas à vendre et Gaudin nous combat, il n’y a donc aucune raison de passer un accord. » Un temps, puis : « Mais s’il est frappé par la grâce électorale, et qu’il s’engage à visage découvert sur la fiscalité, la sécurité et l’immigration, pourquoi ne pas discuter ? »

Le 14/02/2014