Dole vue de la rive gauche 1 18022013

De M. Chapuis, professeur émérite de géographie à l’Université de Bourgogne : « Et pourquoi pas Dole, capitale d’une région Bourgogne-Franche-Comté ? Et voilà que l’on reparle de la création d’une grande région Bourgogne-Franche-Comté ! C’est une vieille affaire que je connais bien puisque j’ai enseigné la géographie pendant 17 ans à l’Université de Franche-Comté à Besançon et autant à l’Université de Bourgogne à Dijon et que j’ai abordé la question dans un livre : Bourgogne/Franche-Comté : sœurs ou rivales ? (édition de l’Harmattan, 2010).

La fusion se fera-t-elle ? Pour le moment on ne le sait pas mais, ce que l’on peut prévoir c’est que, du côté des Comtois, les réticences seront fortes et donc que des contreparties seront demandées, surtout si Dijon devient la capitale de la nouvelle région, ce qui, vu de Paris, se présente comme une évidence.

Est-ce qu’une des façons de contenter les Comtois et d’éviter une rivalité entre Besançon et Dijon, ne serait pas de mettre la nouvelle capitale à Dole ? Rappelons que Dole a été capitale de la Franche-Comté jusqu’à l’annexion de celle-ci pas Louis XIV qui l’a décapitalisée, en 1676, au profit de Besançon pour punir la ville de son héroïque résistance à ses armées. Rappelons également qu’une université a été créée à Dole pour les deux régions, dès 1422, alors que Besançon et plus encore Dijon attendront longtemps avant d’avoir la leur.

Aujourd’hui, Dole se situe à mi-chemin entre Besançon et Dijon, à une demi-heure de train des deux capitales actuelles, à la cadence d’un train toutes les heures environ ; une autoroute relie également Dole aux deux capitales. En outre, le choix de Dole serait peut-être enfin l’occasion de régler le problème d’un véritable aéroport commun à Tavaux, maintenant que celui de Dijon-Longvic semble menacé. Rappelons enfin que les capitales d’État, aux États-Unis, son parfois de petites villes, ce qui est une façon de résister à la pression des métropoles.

Lorsque, à l’initiative de mon collègue Jean-Jacques Bavous, les géographes de l’Université de Bourgogne avaient fait cette proposition de Dole capitale, nous nous étions fait sévèrement admonester par le président du conseil régional de Bourgogne de l’époque, Jean-François Bazin. Mais peut-être est-il temps d’y réfléchir à nouveau ? »

Le 16/02/2014