Marine Perpignan 150214 2

La présidente du Front National est venue hier soutenir son compagnon et candidat à la mairie, Louis Aliot. Quelque 1 500 personnes ont assisté hier après-midi au meeting perpignanais de Marine Le Pen au satellite du palais des expos. A quarante jours du 1er tour des élections municipales, la présidente du Front National a sérieusement durci le ton sur l'immigration tandis que Louis Aliot fustigeait, de manière plus attendue, le bilan du maire sortant.

"Bonjour Perpignan !". L'entame du discours de Louis Aliot n'a trouvé écho que tardivement, quand le candidat résumait les problématiques perpignanaises au triptyque clanisme, clientélisme, insécurité. Clanisme qu'il illustre par un maire sortant choisi par son prédécesseur : "En 2009, après la triste affaire des chaussettes, Jean-Paul Alduy nomme son premier adjoint, les Perpignanais l'ont très mal vécu. Ils ont eu un maire qu'ils n'ont pas choisi". Clientélisme qu'il dénonce en pointant un "manque de transparence dans l'attribution des logements HLM et des marchés publics", ou "d'ignobles pressions subies par le personnel municipal, présent dans la salle et qui est mal considéré et mal payé"."Jean-Marc Pujol est sur un schéma de clientèle absolue", avait déjà déclaré Louis Aliot quelques minutes plus tôt en conférence de presse. Et enfin, insécurité qu'il impose au cœur de sa campagne : "Le maire dit qu'il n'y a pas d'insécurité à Perpignan mais des incivilités. On croit rêver ! En moins de six mois, nous rétablirons la sécurité au centre-ville de Perpignan".

Le meeting frontiste avait débuté par la projection d'images de vitrines brisées, de voitures brûlées, d'immeuble écroulé"Il faut changer de maire, il faut rompre avec le Pujolisme", a conclu Aliot avant de laisser la tribune à sa compagne.

Marine le Pen n'avait pas prononcé un discours aussi dur sur l'immigration depuis longtemps. Pendant trente minutes, elle est revenue aux fondamentaux frontistes en empoignant la votation suisse qualifiée de "miracle" par laquelle une courte majorité d'Helvètes s'est prononcée pour 'la fin de l'immigration de masse'. "Ça a ouvert les yeux de beaucoup de monde sur l'immigration massive. Que le gouvernement français fasse trancher par le peuple et par référendum le problème de l'immigration, a demandé la présidente du FN. Nous aussi, nous voulons que soit mis un terme à l'immigration de masse. Nous aussi, nous voulons décider de qui entre et qui reste sur notre territoire. Nous aussi, nous voulons contrôler nos frontières".

Et Marine Le Pen de recoller aux discours de son père : "La France n'a plus les moyens d'accueillir autant de monde. D'attribuer aux étrangers l'aide médicale, des logements, des allocations journalières, la scolarisation. Comme les Suisses, nous avons droit à la priorité nationale". "Je demanderai aux maires patriotes, et donc au futur maire de Perpignan, a-t-elle glissé en regardant Louis Aliotde s'engager. Car combien pèse l'immigration clandestine sur le budget d'une commune ? Que nos maires demandent à l'Etat des compensations financières pour ces dépenses d'écoles, de cantines, de logements".

Du FN sans modération.

Par Frédérique Michalak le 16/02/2014