Estrosi Kechiche

Ca n’a pas fait spécialement le « buzz » sur les sites d’information et les réseaux sociaux, et pourtant c’est intéressant. Voici quelques jours, le député-maire de Nice Christian Estrosi, candidat aux municipales à sa propre succession, a publié la liste des membres de son comité de soutien.

Parmi ceux-ci un nom fait sinon tache du moins pose question. Celui d’Abdellatif Kechiche. Mais si, vous savez, le réalisateur comblé de La vie d’Adèle, film à scandale formaté épate bourgeois (bohème) sur fond d’amours lesbiennes, et comme tel couronné de la palme d’or au dernier festival de Cannes. Bref un digne membre de l’intelligentsia et de la « civilisation Canal+ », qui – mais était-ce nécessaire – ne manque pas une occasion d’affirmer ou de suggérer son appartenance à la grande famille de la gauche (médiatique).

Estrosi ? Un bon maire anti-FN !

Que vient-il faire alors dans le comité de soutien d’Estrosi, figure de la tendance « dure », verbalement sécuritaire, du sarkozysme, et par ailleurs opposant – théorique – au mariage gay ?

Eh bien Kechiche s’en est expliqué dans les colonnes de Nice Matin : pour lui, Estrosi a beaucoup fait pour les quartiers défavorisés de Nice. Mais la raison première de son engagement estrosien, le cinéaste n’en fait pas mystère : L’actuel maire est « le seul capable de faire battre le Front National à Nice » !

On verra si le cas Kechiche reste isolé. Mais son positionnement en dit quand même long sur la crise de la gauche bobo, qui ne semble plus trop croire en ses leaders et partis « naturels », n’a plus qu’une obsession – Marine Le Pen et son parti – et semble prête à se rallier à la droite dite de gouvernement pourvu que celle-ci s’en tienne à un seul objectif politique, endiguer la vague bleu marine ! 

Où l’on s’aperçoit que la présidentielle de 2002 a peut-être été un signe avant-coureur d’une évolution socio-politico-culturelle toujours en cours…

Nous, on ne va pas pleurer sur les errances et des déviances de cette gauche détestable de nomenklaturistes du Système. Quant à la droite UMP/UDI, si elle s’amuse à jouer les gauches de substitution, c’est son problème, mais ça risque de devenir assez vite un gros problème politique et électoral pour elle. Mais là non plus on ne va pas pleurer…

Le 21/02/2014