Marine Brachay 2013

En visite mardi au Salon de l'agriculture à Paris, Marine Le Pen a reçu un accueil pour le moins chaleureux. Récit.

Dans sa veste bleue et son jean, Marine Le Pen débarque tout sourire mardi matin au Salon de l'agriculture, porte de Versailles à Paris. Son arrivée provoque une cohue et c'est face à un mur de photographes et de caméras qu'elle s'engouffre dans le pavillon 3, celui des bovins. Avec elle, la députée Marion-Maréchal-Le Pen, le candidat FN à la mairie de Paris, Wallerand de Saint Just et le vice-président du Front National, Louis Aliot. "Il y a la petite jeune, la nièce!", se réjouissent certains visiteurs.

C'est Jean-Michel Dubois, secrétaire national à l'Outre-mer au FN, qui a défini le parcours de Marine Le Pen, "en fonction de ses désirs et du temps disponible", dit-il. L'accueil est plus que cordial. "C'est l'une des seules qui défend le monde agricole", estime un éleveur de vaches du Pas-de-Calais, à qui la présidente du FN a accordé quelques minutes. A la dernière élection présidentielle, Marine Le Pen a recueilli 19,5% de voix dans le monde paysan, soit 1,5 point de plus que sa moyenne nationale. "On compte sur vous", lance une passante.

"Elle en rêvait depuis toujours"

Marine Le Pen tente d'avancer parmi les journalistes et passants qui l'assaillent, déguste au passage un morceau de fromage du Vercors. Le vice-président du salon, Bernard Martin, l'accompagne durant la visite. "Je ne peux pas cacher qu'elle suscite un certain intérêt", concède celui qui est habitué à faire visiter le salon aux différentes personnalités politiques. "Le président (en visite samedi au Salon de l'agriculture, Ndlr) ne risquait pas de voir des gens, il est arrivé quand le salon était fermé au public!", lance à la volée Marine Le Pen.

Dans les allées du pavillon 3, les visiteurs veulent la voir, lui serrer la main, la prendre en photo ou même faire un "selfie" avec elle. Wallerand de Saint Just s'improvise photographe. Une petite fille exulte quand elle aperçoit la présidente du FN. Et vient faire un câlin à Marine Le Pen. "Ça, c'est du bisou!" lance la leader frontiste.

Marine Le Pen lui signe un autographe. La jeune visiteuse fond littéralement en larmes. "Elle en rêvait depuis toujours", lance sa mère. "Marine Le Pen ne fait que récolter le fruit d'un travail, notamment quand elle avait fait le tour des oubliés", commente Marion Maréchal Le Pen. Elle ne semble pas vraiment étonnée par cet accueil : "L'année dernière déjà, c'était la star ici." La jeune députée, comme Wallerand de Saint Just captent largement moins l'attention des passants. Mais le candidat à la mairie de Paris s'en moque, tant il est émerveillé par la patronne du parti. "Comme chef, on ne peut pas rêver mieux. Je suis amoureux d'elle, tous les hommes au FN sont amoureux d'elle."

"La bouffe comme une vulgaire basket"

Au stand des brasseurs de France, Marine le Pen s'accoude au bar, boit une bière avec sa nièce Marion et tire des lattes sur sa cigarette électronique. Puis elle donne une brève conférence de presse, s'appuyant sur ses notes, pour répéter ce qu'elle a déjà dit dans les allées du salon. Elle dénonce le secteur "agroalimentaire mondialisé qui conçoit la bouffe comme une vulgaire basket" et se veut "vent debout" contre le traité de libre-échange transatlantique. "Ce projet est une condamnation à mort pour l'immense majorité de bons agriculteurs", accuse Marine Le Pen. Elle s'en prend aussi aux "mafias venues de l'étranger", responsable de "l'insécurité qui touche les agriculteurs".

Son service d'ordre veille au grain et filtre les journalistes. Le Petit Journal de Canal + n'a pas le droit d'accès à la conférence de presse. Ils sont nombreux, carrures imposantes et crânes rasés, à l'entourer pour empêcher toute personne de s'approcher trop près de la leader FN. Sur son passage, aucun sifflet ne se fait entendre. Simplement quelques remarques de passants désarçonnés par la scène qui se déroule sous leurs yeux.

Une dame s'inquiète : "Elle a la cote, ça fait peur."

Par Caroline Vigoureux le 25/02/2014

Note BYR : "Une dame s'inquiète : "Elle a la cote, ça fait peur." Probablement une militante de l'UMP...