Belfort

Si le premier tour des élections municipales devait se dérouler aujourd’hui, la liste conduite à Belfort par Damien Meslot (UMP) devancerait de quelques centaines de voix celle du maire sortant Étienne Butzbach (PS). Tel est le résultat d’un sondage de l’institut BVA commandé par l’Est Républicain-Le Pays, en partenariat avec Orange.

Réalisée du 28 février au 5 mars auprès d’un échantillon de 600 personnes, cette enquête crédite le candidat de la droite de 27 % des intentions de vote, contre 23 % pour son rival socialiste. La liste de Christophe Grudler, soutenue par le MoDem et l’UDI, engrangerait pour sa part 19 % des suffrages. Lors du précédent scrutin qui l’avait fait maire, en 2008, Étienne Butzbach avait convaincu au premier tour 33 % des électeurs et devancé Damien Meslot d’une courte tête (32 %) ; Christophe Grudler avait recueilli 17 % des suffrages.

Selon le même sondage, le Front National – qui n’était pas représenté la dernière fois – obtiendrait aujourd’hui 9 % des voix, manquant de peu de franchir la barre des 10 % nécessaires pour se maintenir au second tour. La liste soutenue par le MRC, conduite par un jeune candidat encore très peu implanté, Bastien Faudot, est créditée selon la même enquête de 7 % des intentions de vote ; signe que Jean-Pierre Chevènement conserve un noyau dur et, partant, un certain pouvoir de nuisance dans son ancien fief.

Déficit de notoriété

Comme dans bon nombre de villes de cette dimension, la présence – ou non – du FN au second tour sera l’une des clés de l’élection. Notre sondage ne lève pas l’incertitude sur ce point. Mulhousien de souche, professeur à l’Université de technologie, le candidat frontiste, Marc Archambault, est un illustre inconnu à Belfort – 85 % des électeurs interrogés déclarent ne pas le connaître. Ce déficit de notoriété explique pour une large part l’écart qui subsiste entre le score dont il est crédité (9 %) et les 19 % que Marine Le Pen avait obtenus ici en 2012, au premier tour de l’élection présidentielle.

Projections

Si les résultats du sondage devaient rester figés, qu’en serait-il au second tour dans l’hypothèse d’une triangulaire opposant, comme en 2008, Butzbach, Meslot et Grudler ? Le candidat de l’UMP (39 %) l’emporterait d’un fil sur le maire sortant (38 %), la liste MoDem-UDI de Christophe Grudler totalisant alors 23 % des voix.

Si, au contraire, le Front National parvenait finalement à grappiller les quelques voix qui lui manquent pour se qualifier le 30 mars, Étienne Butzbach (35 %) l’emporterait de peu devant Damien Meslot (33 %), Christophe Grudler (24 %) et Marc Archambault (8 %), dans une configuration quadrangulaire. De même, le maire actuel sortirait-il victorieux d’une triangulaire l’opposant aux candidats de l’UMP et du FN, dans l’hypothèse d’un désistement de Christophe Grudler. Le sondage lui accorde dans ce scénario 45 % des intentions de vote, contre 43 % pour Damien Meslot et 12 % pour la liste frontiste de Marc Archambault.

Un cas de figure semble en revanche menacer très sérieusement le candidat socialiste : celle d’un duel classique droite-gauche l’opposant à Damien Meslot. Une hypothèse – assez peu réaliste – qui impliquerait tout à la fois que le FN ne parvienne pas à se qualifier et que Christophe Grudler accepte, lors du round de négociations de l’entre deux tours, de fusionner sa liste avec celle de l’UMP, mettant sous l’éteignoir dix ans de lutte fratricide. Le candidat UMP remporterait alors ce duel haut la main, sur un score net et sans bavure de 53 %.

Report médiocre

Notre sondage réalisé par BVA le montre bien : si elle parvenait à s’unir, la droite serait majoritaire à Belfort et, donc, en mesure de s’installer à la mairie. C’est le principal enseignement de notre enquête : plus que sur le report des voix des trois autres listes de gauche en compétition (MRC, LO, PC-Front de Gauche), qui s’annonce très lacunaire, le maire sortant, qui termine son mandat dans la plus grande confusion avec une majorité municipale en lambeaux, doit compter sur les divisions du camp adverse pour espérer rempiler.

Qualification du FN, absence d’accord entre Meslot et Grudler : les conditions d’un maintien à son poste pour un élu en nette perte de vitesse.

Par Nicolas Bastuck et François Zimmer le 09/03/2014