Caron

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Boulevard Voltaire

Par Joris Karl le 11/03/2014

Sans doute que, pour Ruquier et les siens, remplacer le duo magique Naulleau-Zemmour était une équation impossible à résoudre. Soit. Mais le mariage arrangé entre Natacha Polony et Aymeric Caron se termine mal. Si le divorce officiel sera prononcé d’ici quelques semaines (Polony a fait savoir qu’elle quittait le navire), les dernières émissions d’« On n’est pas couché » risquent de tourner au pugilat. Et pendant ce temps-là, c’est Lolo qui va ramasser la vaisselle…

Rappelons l’origine de l’affaire. L’une devait, en lieu et place de Zemmour, jouer le rôle (modéré) de la « réac » de service, l’autre accentuait carrément le côté gauchiste de Naulleau. On sentait le rééquilibrage imposé par la prod’ : il fallait bien, car de nombreux « artistes » et autres « talents » ne voulaient plus subir le feu croisé des deux Éric. Le problème, c’est que si clash il y a, maintenant, c’est entre les deux duettistes ! Et ça, c’était pas prévu !

Samedi soir, en effet, la tension est montée d’un cran entre les deux chroniqueurs. Dans une ambiance délétère, le pauvre Caron, de plus en plus odieux à mesure que les minutes passaient, montra un comportement limite avec sa collègue, la coupant comme un prof excédé avec une gamine revêche. Un vrai goujat bien beauf.

Natacha Polony, tout sourire, mais cruelle et incisive comme seule une femme peut l’être, lui décocha alors : « Mais qu’est-ce qu’il a mangé aujourd’hui ? Les carottes, ça rend pas aimable ! » Aymeric, transformé en Haineric, fut piqué au vif, ressentant sans doute la perfide allusion à son régime végétarien. Le bobo rugissait à sec sous sa crinière de lion bio.

Frigide Barjot, dans le fauteuil de l’invité, se régalait devant ce qu’elle appela « un vieux couple », car la scène de ménage continuait de plus belle, Caron s’interrompant soudain, s’adressant à Polony « Arrête d’être méprisante s’il te plaît, cinq minutes ! » Un vrai gag…

« Méprisante, mais c’est toi qui traites [Frigide] de raciste ! » Haineric accusant – grand classique – la journaliste du Figaro de ne pas avoir lu le livre en question. Pathétique.

Oui, les temps sont durs pour des types comme Caron. Son sinistre rôle de kapo du camp du bien qui, derrière les barbelés médiatiques, s’autorise à demander à chacun « les sources » – comme naguère les petits chefs khmers demandaient les papiers à ceux qu’ils allaient jeter dans la fosse –, son mépris incroyable de toute pensée autre que la sienne font froid dans le dos mais traduisent un fait : le roquet se sait encerclé. Par une réalité où souffle un puissant vent contraire. De quoi presque le décoiffer !

Charmante Natacha, rassure-toi. Dans chaque régime totalitaire, on trouve des Haineric Caron. De fidèles chiens de garde du système, aboyant aux ordres de leur employeur plus fort que les autres. Que le drapeau soit rouge ou brun. Heureusement, en démocratie, les Caron ne sont que chroniqueurs.