Noah 2014 Ma colère 

Yannick Noah a poursuivi jeudi en diffamation devant la cour d'appel de Paris Marine Le Pen, relaxée en première instance, pour avoir qualifié l'ancien tennisman «d'exilé fiscal» qui a «planqué» son argent à l'étranger. La décision a été mise en délibéré au 14 mai.

Les deux protagonistes, qui ont ces derniers jours échangé des amabilités par médias interposés au sujet de la chanson anti-Front National de Yannick Noah, intitulée «Ma colère», étaient représentés par leurs avocats. 

Sur le plateau du «Grand journal», sur Canal + le 9 mars 2012, la présidente du FN était interrogée sur les personnalités préférées des Français, Yannick Noah, Zinedine Zidane et Omar Sy.

Au journaliste qui lui demandait si l'immigration était une chance pour la France, Marine Le Pen avait rétorqué «deux exilés fiscaux sur trois, c'est pas mal», avant de s'en prendre plus précisément à Yannick Noah. «Cela veut dire qu'au lieu de payer ses impôts en France, eh bien ce monsieur se permet de donner des leçons de morale», «de donner des leçons de charité et de partage alors que lui, il ne partage rien, que son argent il est planqué et qu'il n'en fait pas profiter les malheureux Français», déclarait celle qui était alors la candidate du FN à la présidentielle.

Contrairement à ce que soutient le chanteur, «les propos incriminés ne lui imputent nullement de commettre des faits pénalement sanctionnés de fraude fiscale», ont estimé les juges de la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris dans leur jugement rendu le 25 juin.

Il s'était installé en Suisse pour «faire des économies»

Après sa participation à un meeting de François Hollande, Yannick Noah avait été la cible d'attaques de Valérie Rosso-Debord et Pierre Charon à l'UMP, puis Marine Le Pen, se référant à ses démêlés fiscaux.

Résident suisse entre 1992 et 1994, Yannick Noah est en contentieux fiscal avec l'administration, dans une procédure toujours en cours devant le Conseil d'Etat. Néanmoins, «il a été acquis que j'étais de bonne foi», a assuré Yannick Noah lors d'une audience précédente, expliquant s'être installé en Suisse pour «faire des économies» dans une période de «doute», d'«inquiétude» à la fin de sa carrière de sportif.

L'ancien champion de tennis avait également poursuivi le sénateur UMP Pierre Charon, qui l'avait notamment qualifié de «délinquant» fiscal. En première instance, l'élu avait été condamné à 1000 € d'amende avec sursis et 1 € de dommages et intérêts, ainsi qu'une publication judiciaire. Initialement prévu jeudi, le procès en appel dans cette seconde affaire a été renvoyé au 16 octobre.

Le 13/03/2014