Sophie Montel affiche

Marine Le Pen annonçait une plainte « imminente » (notre édition de mercredi). C’est désormais chose faite par l’intermédiaire de l’avocat du FN, Wallerand de Saint-Just. Lequel intervient dans cette sombre histoire au profit de la tête de liste frontiste à Montbéliard, Sophie Montel.

Une personne est nommément visée par la procédure dont est désormais saisie la procureure de Montbéliard, Thérèse Brunisso : Gilles Maillard. Le FN accuse en effet ce colistier de la candidate UMP à la mairie de Montbéliard, Marie-Noëlle Biguinet, de « pressions inadmissibles ».

Une contre-attaque en règle (au titre de l’article 116 du code électoral), ou un contre-feu c’est selon, après que l’intéressé eût préalablement dénoncé auprès de la justice, laquelle a ouvert une enquête, de présumées fausses déclarations de candidatures dans le camp du FN.

En cause : deux candidats frontistes qui auraient signé à la place de leur conjoint. La question ne porte véritablement que sur un cas, le second ayant été rectifié avant que la liste FN ne soit définitivement validée par les services de la sous-préfecture.

Du reste, et ce qu’entend mettre notamment en exergue le conseil de Sophie Montel, il s’est passé près de deux semaines entre le moment où la chef de file de Montbéliard Bleu Marine a obtenu son récépissé définitif, entérinant la validation de sa liste, et l’irruption de Gilles Maillard au domicile de trois de ses colistiers. Sous-entendu : le candidat UMP s’est délibérément rendu au domicile de chacun. Ce que l’intéressé conteste en partie. Selon lui, en effet, le hasard du porte-à-porte l’aurait conduit chez un couple, un homme de presque 70 ans et une femme de 90 ans, à qui il aurait appris la présence sur la liste FN. Ce qui, au passage, sous-entend qu’il savait chez qui il frappait…

En tout état de cause, l’épisode aurait alors conduit Gilles Maillard à s’intéresser à trois autres candidats frontistes : une femme de 82 ans inscrite sous son nom de jeune fille et sous son second prénom qu’il ne parvint pas à rencontrer après s’être présenté à son domicile. Ainsi qu’à un autre couple, adhérent au FN depuis deux décennies. Lequel semble cristalliser les interrogations de la justice dans la mesure où le mari paraît, eu égard à son état de santé, incapable de signer un quelconque document. C’est aussi sur ce cas précis que l’avocat du FN appuie fortement. Sur la base du témoignage de l’épouse, une dame de 76 ans, Me de Saint-Just évoque des « menaces » et des « pressions ». Notamment à travers la présence de deux policiers qui « l’ont menacée de garde à vue si elle ne laissait pas entrer M. Maillard à son domicile ». Des faits qu’elle nous a effectivement exposés lorsque nous l’avons rencontrée. Mais que le candidat UMP réfute totalement.

Aller en justice répond, au final, à deux objectifs pour le FN : tenter de faire la lumière sur la réalité des faits et jeter un peu plus d’ombre sur les circonstances dans lesquelles furent approchés ses candidats.

Par Sébastien Michaux le 14/03/2014