Jean-Pierre Baumann FN

Marie-Arlette Carlotti ministre et tête de liste PS-EELV l’emporterait de justesse face au maire sortant UMP-UDI Bruno Gilles. Mais le FN est en nette augmentation par rapport à 2008…

Des huit secteurs que compte Marseille, c'est lui qui pourrait décider de la couleur de la ville dans sa globalité pour les six années à venir. Dans le 3e secteur, qui regroupe les 4e et 5e arrondissements, la liste PS-EELV menée par la ministre déléguée aux Personnes handicapées Marie-Arlette Carlotti l’emporterait d’un petit point face au maire sortant UMP-UDI Bruno Gilles (43% contre 42%), selon un sondage Ifop pour 20 Minutes et i-Télé. Face à ce scrutin incertain, c’est le Front National qui devrait arbitrer le match.

Le secteur connait «une profonde modification de son paysage électoral par rapport à 2008, à cause de la percée du FN», explique Frédéric Dabi, le directeur général adjoint de l’Ifop. Car si lors des dernières élections, le parti d’extrême droite avait recueilli 6,3% des voix au premier tour, il enregistrerait six ans plus tard 19% des suffrages avec son candidat Jean-Pierre Baumann, selon notre sondage. Le FN, troisième derrière Bruno Gilles (35%) et Marie-Arlette Carlotti (29%) provoquerait donc une triangulaire et le comportement de ses électeurs devrait décider de l’issue de l’élection.

Un «vote utile anti-gauche» de la part des électeurs FN

Au second tour, le score du FN baisserait assez nettement pour arriver à 15%. Une diminution qui devrait profiter au candidat UMP et s’explique par «un vote utile anti-gauche» de la part d’électeurs ayant voté Front National au premier tour et «qui ne veulent surtout pas du Parti socialiste», explique le sondeur. Ainsi, 22% des votants FN du premier tour préfèrent mettre un bulletin UMP dans l’urne au second plutôt que choisir à nouveau Jean-Pierre Baumann.

Cependant, la candidate socialiste peut elle aussi compter au second tour sur un report de voix favorable, celui des électeurs Front de gauche (FdG). La liste FdG emmenée par Isabelle Pasquet obtiendrait 12% des voix au premier tour et 86% de ses votants choisiraient Carlotti au second. Un score conséquent «quand on voit le discours du Front de gauche au sujet des socialistes», note Frédéric Dabi, «d’autant que Marie-Arlette Carlotti est ministre».

Par Enora Ollivier le 17/03/2014